Animal’Z

Publié le par Lectaritude et zôtres critures






« Animal'Z »
Enki Bilal
Mars 2009
Casterman

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Cela fait quelques années qu'on dit que Bilal ne se renouvelle pas et produit toujours le même genre d'histoire, dont les scénarii absconds et nébuleux avaient fini par rebuter nombre d'admirateurs ... dont je suis. Mon intérêt avait décliné progressivement au fil de « La tétralogie du monstre », jusqu'à jeter l'éponge sur le dernier, que je n'ai d'ailleurs pas acheté, après l'avoir parcouru rapidement sur l'étal du libraire.

 

Animal'Z marque donc une rupture ! Sur le plan narratif comme graphique, Bilal se renouvelle enfin ! ... pour produire un « One shot » d'une centaine de pages, absolument superbe. Du très grand Bilal.

 

Le pitch ...

 

Sur fond de catastrophe naturelle qui a bouleversé l'écosystème terrestre, Bilal scénarise la destinée d'une poignée d'individu qui lutte pour leur survie, dans un univers glacé et glacial !. Scénario assez noir en apparence mais traité parfois avec légèreté et humour.

 



La thématique environnementale et la survie, sont les deux sujets principaux. Bilal surfe sur les préoccupations de son temps, mais digresse aussi sur quelques autres sujets comme lorsqu'il fait un peu de prospective scientifique en traitant de l'hybridation entre l'humain et l'animal. Sur le plan scientifique c'est assez délirant mais l'idée est intéressante.




 

Ce qui frappe dans Animal'Z c'est la limpidité de l'histoire. La narration est linéaire et claire. Bilal s'est aussi attaché à décrire des personnages très typés, à la limite de la caricature parfois. C'est tout à fait délibéré et ca se sent, comme cette famille de cannibale dont l'unique préoccupation consiste à occire tout ce qui se présente à la porte de leur auberge ... (Une référence à l'auberge rouge ?).

 

Coté graphique, Bilal est revenu à un dessin très épuré pratiquement dépourvu de couleur, sauf le bleu bien sur ! Il utilise un trait assez gras avec des pastels sur un fond gris bleu qui soutient parfaitement le récit. 

 

Ca se dévore, c'est beau, sombre, délicieusement pessimiste bien que pour une fois, L'auteur écrit une fin teintée d'optimisme.

 

Quelques facéties ... comme le développent ce duelliste nihiliste qui ne s'exprime pratiquement qu'au travers de citations

 

 Un florilège des plus belles ...

 

« L'homme est une corde tendue entre l'animal et le surhumain. Une corde par-dessus un abîme... » [Nietzsche]

 

« La perspective certaine de la mort pourrait mêler à la vie une goute délicieuse et parfumée d'insouciance, mais, âmes bizarres d'apothicaires, vous avez fait de cette goutte un poison infect, qui rend répugnante la vie toute entière... » [Nietzsche]

 

« Une seule certitude suffit à celui qui cherche. » [Camus]

 

« Au milieu de l'hiver j'ai découvert en moi un invincible été. » [Camus]

 

« Il n'y a pas de vanité intelligente. » [Céline]

 

L'eau est aussi et paradoxalement très présente. Un univers très maritime, inhabituel chez l'auteur. Le paradoxe vient de l'histoire, où, précisément, le manque d'eau potable est patent. Bilal s'offre d'ailleurs un autre délire scientifique avec « l'invention » de l'eau en poudre !

 

 

 








'fin bref, on retrouve avec un plaisir non dissimulé un Bilal très créatif qui nous offre une BD magnifique. Que du plaisir ...

 

 




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Publié dans Lecta BD

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