Mon nom est rouge

Publié le par lectaritude et zotres critures

« Mon nom est rouge »

Auteur : Orhan Pamuk 

Pays : Turquie

Genre : Roman

Editeur : Folio (Edition origine Gallimard)

Date : Avril 2005 (Ed. ori. octobre 2001)

Avis : «««««

Orhan Pamuk,

le 12 octobre 2006, consacré par le Prix Nobel de Littérature.
… lequel m’a incité à aller jeter mes yeux sur la quatrième de couverture de « Mon nom est Rouge », exposé sur les tables de recommandation des libraires.
Habituellement, je trouve ces résumés ou « mise en bouche » racoleurs, sans originalité et peu convaincants quant au plaisir attendu quand on se cherche un livre. Mais là, en plus du Nobel, l’entrefilet me mit l’eau à la bouche.
Je me dépêchais donc de bâcler la lecture de celui en cours (un suspens réchauffé pas terrible, mais bon quand même il fallait bien que je sache qui avait tué …) pour me plonger dans le pavé en question.
 
Le début fut rude peu habituée que je suis, à lire pareilles phrases alambiquées et de style pas très moderne. Il a donc fallu que mes yeux se plient à la discipline des virgules, points virgule et autre ponctuation de ces phrases interminables, pas moyen de lire en biais. Je m’appliquais donc sur tous les mots, et finalement je m’habituais assez vite au style, l’histoire aidant.
Dans ce livre nous plongeons dans le monde des enluminures de type persan, celles que l’on a déjà vu au moins une fois dans un livre scolaire d’histoire au collège avec des couleurs vives et des dessins, disons, naïfs voir kitch (j’imagine d’ici la tête des protagonistes du roman s’ils m’entendaient me poussant au pieu des empalés, mais je les rassure mon opinion s’est un peu étoffée de connaissance depuis, grâce à eux). Là tout nous est expliqué, la démarche, les couleurs, leur fabrication, les peintres, jusqu’à l’antagonisme des écoles entre elles et celui contre la peinture occidentale que tous réprouvent mais qui tous les tente. On y découvre les outrages et les principes de cette peinture, comme par exemple l’humilité de ces peintres qui, summum de leur humilité, est de ne signer aucune de leurs œuvres ou encore de devenir aveugle à force de labeur pour enfin peindre de mémoire, avec les yeux de Dieu. Bref, nous voilà au cœur de l’empire ottoman du 16ème siècle à suivre ces peintres plongés dans une ambiance meurtrière et les amours difficiles du sieur chargé de l’enquête.
Les usages et coutumes d’une époque révolue dans une culture inconnue (enfin pour moi) nous sont décrits aussi précisément que le dessin d’un cheval flamboyant.
Après la curiosité, après cette petite musique que ce style installe, après le suspens car il y a meurtre, plusieurs même, après l’histoire d’amour, ce livre se caractérise aussi par l’originalité. Les couleurs nous parlent, les morts nous parlent, les chevaux dessinés nous parlent, les pièces de monnaies nous parlent, ah non vraiment, impossible de s’ennuyer avec ce livre foisonnant.
A la fin de cette lecture, je reste sous le charme tout oriental de ce roman qui malheureusement ne compte finalement que 735 pages. 

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Publié dans Romans étrangers

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