Dieu n'a pas réponse à tout (mais il est bien entouré)
« Dieu n’a pas réponse à tout (mais il est bien entouré) »
Auteur : Benacquista
Dessinateur : Barral
Genre : Humour
Année : Février 2007
Edition : Dargaud
Avis : ŸŸŸŸŸ
J’errais sans but au rayon BD de mon libraire habituel, picorant une couverture par ci, parcourant quelques bulles par là, dégustant quelques planches au hasard des rayonnages, dédaigneux pour la pile du dernier Bilal en tête de gondole (non je ne l’achèterai pas ! l’avant dernier était trop nul) - faudra que je vous cause un jour de Bilal (période ou il était génial) - dédaigneux disais-je,
quand soudain … (ca fait Harlequin, non ?),
quand soudain donc, mon regard a été littéralement happé par le nom de l’auteur dactylographié tout en haut de la couverture : Benacquista !
Il est des noms comme cela qui sont de véritables sésames et déclenchent instantanément un comportement pour le moins étrange pour l’œil non averti du curieux qui observerai la scène : Je me fraye un chemin jusqu’à la pile en question, me saisi subrepticement d’un exemplaire de la dite BD, et la fourre dans mon panier, au milieu des mangas, disques et autres bouquins déjà glanés ça et là.
Bref j’acquiers… Sans même ouvrir l’ouvrage, sans même me demander si c’est bien, sans même savoir de quoi ça parle. Il est des noms comme ça – faudra que je vous cause de Benacquista aussi – il est des noms comme ça qu’il suffit de voir écrit pour avoir envie de lire. Et puis Benacquista qui fait de la BD c’est nouveau, non ? J’aime tant l’écrivain par ailleurs … - faudra en causer … un autre jour -
Une fois « at home » (j’aurai pu dire : « le soir venu », mais bon on va mettre la pédale douce sur le style Harlequin), une fois « at home » donc, je me jette sur l’acquisition. Une BD à sketches. Des petites histoires, toutes construites sur le même mode : Dieu, observe le monde et les mille et une petites ou grandes contrariétés des humains. Il consent parfois à soulager ces peines. Il dispose pour cela d’un ordinateur lui permettant de rechercher « la compétence » adéquate. L’élu ainsi mandaté a quelques heures ou quelques jours pour régler la situation.
Six récits ou défilent successivement des personnalités « cultes » dans leur domaine respectif : Freud, Marilyn Monroe, Mozart, Louis XIV, Homère et Al Capone. Bon allez ne le cachons pas, en vérité comme disent les enfants, ce n’est pas terrible et assez décevant. Les trames sont triviales, superficielles et convenues. Les personnalités ne sortent pas du registre attendu. Benacquista, peu inspiré, exploite les traits de caractères ou compétences qui les ont rendues célèbres dans leurs époques respectives. Le récit est toujours linéaire. Pas de développement qui aurait permis d’exploiter le décalage chronologique.
Coté Graphisme, Barral donne dans le classicisme désuet. « Ecole belge » (on croirait lire de l’Edgard P. Jacobs), des bulles bien carrées, des cadres bien réguliers, un trait sans finesse et sans imagination. La mise en couleur est terne et triste.
Seule originalité, un crayonné en noir et blanc du plus bel effet, à la fin de chaque histoire ou Barral nous montre l’étendu de son talent.
Publicité