L’alchimiste

Publié le par Lectaritude et zôtres critures

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« L’alchimiste »
Auteur : Paulo Coelho
Pays : Brésil
Genre : Romans
Editeur : Livre de poche
Date : 1994 (1988 Edition Originale)
Avis : «««««                                  
 
 
 
 
 
Voilà un livre qui traine depuis longtemps au pied de mon lit et qui attends patiemment son tour. Repoussé maintes fois. Pas l’envie, pas la tête à ça, pas opportun, plus récent à lire, … les excuses furent légions pour différer cette lecture. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, sinon la peur non consciente d’être déçu, par un roman dont on m’a tant parlé, dont on m’a tant vanté les mérites…
 
L’alchimiste c’est le roman d’une quête spirituelle et philosophique. Un jeune Berger Espagnol qui part dans le monde, pour accomplir sa légende personnelle. Son périple le conduit en Afrique du Maghreb aux pyramides en passant par la case désert.
 
Métaphore sur l’apprentissage de la vie, prétexte à développer quelques idées sur la spiritualité et les fondamentaux de « sa construction personnelle », le livre est au final décevant. Long dans sa première partie, l’auteur se perd en considérations simplistes et parfois naïves. La fin est plus enlevée après la rencontre avec l’alchimiste, et s’achève dans son dernier quart sur une coloration plus philosophique.
 
Jamais envoutant, on conserve une distance avec le personnage et l’histoire. La fin en forme de pirouette et de retour à la case départ - doit-on y voir un message ? Sans doute oui - finit d’ancrer mon impression. Pas un mauvais roman, loin de là, mais pas non plus un monument. Rien qui n’explique à mes yeux que cet ouvrage soit un best seller.
 
La comparaison s’établit des les premiers chapitres, avec Samarcande d’Amin Maalouf. Bien que le récit, l’époque et le lieu soit très différent, on peut aisément comparer ces deux romans qui développent des atmosphères et des thématiques similaires. Autant le roman de Maalouf est riche, fouillé et m’a envouté, captivé, happé, autant celui de Coelho m’a laissé froid, lu avec distance et hauteur, sans jamais rentrer dans son atmosphère particulière. La comparaison est un peu ridicule, j'en conviens, mais je n'ai cessé de penser à Sarmarcande durant ma lecture, dieu sait pourquoi !
 
Décevant. Sans aucun doute un avis atypique. J’aurais peut être du différer à nouveau. Pas le bon état d’esprit pour le lire…
 
Quelques jolies choses quand même – morceaux choisis :
 
« C’est un livre qui parle de la même chose que presque tous les livres, poursuivit le vieillard. De l’incapacité des gens à choisir leur propre destin. Et, pour finir, il laisse croire à la plus grande imposture du monde.
-         Et quelle est donc la plus grande imposture du monde ? demanda le jeune homme, surpris.
-         La voici : à un moment donné de notre existence, nous perdons la maîtrise de notre vie, qui se trouve dès lors gouvernée par le destin. C’est là qu’est la plus grande imposture du monde.
-         Pour moi, cela ne s’est pas passé de cette façon dit le jeune homme. On voulait faire de moi un prêtre, et j’ai décidé d’être berger.
-         C’est mieux ainsi dit le vieillard. Parce que tu aimes voyager. »
 
« Personne ne doit avoir peur de l’inconnu, parce que tout homme est capable de conquérir ce qu’il veut et qui lui est nécessaire »
 
 « Mon cœur est traitre, dit le jeune homme à l’alchimiste, quand ils s’arrêtèrent pour laisser reposer un peu leurs chevaux. Il ne faut pas que je continue.
C’est bien, répondit l’alchimiste. Cela prouve que ton cœur vit. Il est normal d’avoir peur d’échanger contre un rêve tout ce que l’on a déjà réussi à obtenir.
-         Alors, pourquoi dois-je écouter mon cœur ?
-         Parce que tu n’arriveras jamais à le faire taire. Et même si tu feins de ne pas entendre ce qu’il te dit, il sera là, dans ta poitrine, et ne cessera de répéter ce qu’il pense de la vie et du monde.
-         Même en étant un traitre ?
-         La trahison, c’est le coup auquel tu ne t’attends pas. Si tu connais bien ton cœur, il n’arrivera jamais à te surprendre ainsi. Car tu  connaitras ses rêves et ses désirs, et tu sauras en tenir compte. Personne ne peut fuir son cœur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit. Pour que tu ne viennes jamais te frapper un coup auquel tu ne t’attendrais pas. »
 
« Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l’alchimiste, une nuit qu’ils regardaient le ciel sans lune.
-         dis lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et qu’aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves, parce que chaque instant de quête est un instant de rencontre avec Dieu et avec l’Eternité. »
 
« Avant de réaliser un rêve, l’âme du monde veut toujours évaluer tout ce qui a été appris durant le parcours. Si elle agit ainsi, ce n’est pas par méchanceté à notre égard, c’est pour que nous puissions, en même temps que notre rêve, conquérir également les leçons que nous apprenons en allant vers lui. Et c’est le moment où la plupart des gens renoncent. C’est ce que nous appelons dans le langage du désert : mourir de soif quand les palmiers de l’oasis sont déjà en vue à l’horizon. Une quête commence toujours par la chance du Débutant. Et s’achève toujours par l’épreuve du Conquérant. »
 
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Publié dans Romans étrangers

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