Pyongyang.
« Pyongyang »
Auteur/Dessinateur : Guy Delisle
Genre : Documentaire
Année : 2003
Edition : L’association
Avis : ŸŸŸŸŸ Guy Delisle est un animateur québécois, qui parcourt le monde pour exercer son métier. En lisant
Pyongyang, j’ai appris, entre autre chose, que le cinéma d’animation, comme d’autres métiers, profite à plein de la mondialisation, délocalisant dans des pays à bas coûts une partie de sa production. La Corée du nord, a donc ouvert des studios d’animations graphiques, pour produire les dessins animés occidentaux. Les studios français, comme les autres sans doute, y envoient des dessinateurs aguerris pour encadrer les équipes de réalisation sur place. Comme quoi on peut être le dernier pays Stalinien du monde, et s’inscrire dans la diabolique ronde du capitalisme échevelé ! On n’est pas à une hypocrisie près en Corée, come vous le découvrirez dans ce remarquable ouvrage, si vous condescendez à vous fendre des quelques euros nécessaires à son acquisition.
Pyongyang, j’ai appris, entre autre chose, que le cinéma d’animation, comme d’autres métiers, profite à plein de la mondialisation, délocalisant dans des pays à bas coûts une partie de sa production. La Corée du nord, a donc ouvert des studios d’animations graphiques, pour produire les dessins animés occidentaux. Les studios français, comme les autres sans doute, y envoient des dessinateurs aguerris pour encadrer les équipes de réalisation sur place. Comme quoi on peut être le dernier pays Stalinien du monde, et s’inscrire dans la diabolique ronde du capitalisme échevelé ! On n’est pas à une hypocrisie près en Corée, come vous le découvrirez dans ce remarquable ouvrage, si vous condescendez à vous fendre des quelques euros nécessaires à son acquisition. Pyongyang est en effet une BD (format roman graphique) remarquable. Construite comme un documentaire, cette BD atypique relate le séjour de Guy Delisle pendant deux mois à Pyongyang, la capitale de la Corée du nord.
Vous le saviez ? … Que Pyongyang était la capitale de la Corée du nord ?
En ce qui me concerne, je l’ai découvert, comme tout le reste…
Ma vision avant lecture se limitait au strict minimum : La Corée du nord est un pays communiste, légèrement totalitaire, dans la « mouvance chinoise ». Je savais ce que la presse mondiale en disait : Une menace permanente pour l’occident qui les tient à l’œil, dans la ligne de mire des américains, notamment autour du développement des armes atomiques, un pays belliqueux envers son voisin la Corée du sud (capitale Seoul, ben j’sais quelques trucs, tout de même !) qui à l’inverse est riche, capitaliste et pro-occidental.
C’était une bonne synthèse, un poil superficielle peut-être. La BD de Delisle ne propose pas une synthèse superficielle mais une photo exhaustive, détaillée et profonde de ce qu’est vraiment ce pays.
Traité comme un journal du quotidien, avec d’innombrables histoires sur le régime et le pays, Delisle nous abreuves de détails. Tout est décrit avec méthode et précision, comme s’il avait chaque jour noté, le contenu étonnant de ses journées. Et dieu sait que tout est étonnant. Un témoignage incroyable sur ce pays méconnu, fermé, coupé du monde. Laconique, Guy Delisle épingle avec une ironie féroce, le régime en place. Humour ravageur qui nous fait souvent rire devant ce qui devrait nous faire pleurer. Un regard acerbe, tranchant et sans aucun compromis, sur cet univers à part entière.
Delisle dénonce ! Tout y passe : l’oppression de la population - l’aliénation du peuple pourrait-on dire - enfermé par un régime totalitaire inhumain, désinformé à un point inimaginable sur l’occident et le monde extérieur en général (absence de média hors les médias du régime), le portrait à l’acide sulfurique du dirigeant du pays qui encourage comme il se doit un culte de la personnalité pur et dur, l’absurdité des situations du quotidien et les multiples incidents qui ont émaillés le séjour de l’auteur, la pauvreté, la misère et l’extrême dénuement du peuple qui crève de faim tranchant comme souvent en pareil cas, avec l’opulence des élites proche du pouvoir, le rôle des ONG qui ont servis un temps de caution au pouvoir et qui ont finis pour la plupart par se retirer, …
Delisle s’interroge souvent sur la véracité de ce qu’il voit : La caution du peuple au pouvoir est-elle le produit d’un endoctrinement sans faille ? Comment la propagande peut-elle fonctionner aussi bien même pour ceux qui ont été en occident (par exemple pour initialiser des projets de collaboration) ?
Le récit n’est jamais lourd ou noir, Delisle ayant choisi résolument de relater son séjour sur le mode de la dérision et de l’ironie. C’est très drôle alors qu’il nous raconte des horreurs. C’est parfois très didactique comme ici ou il explique la technique de l’animation des images intermédiaires (les intervalles) sur la base d’image clés (début-fin) fournies par les studios commanditaires.
Enfin c’est excessivement bien documenté sur tous les aspects du pays qu’il n’a pas directement vécu : comportement du pouvoir, fonctionnement du pays, aspects historiques…
Coté dessin, le trait est simpliste, très dépouillé, presque caricatural, tout en nuance de gris, sans aucune fioriture, entièrement au service de l’histoire. Des planches pleines de malice, parfois ludique (il propose des jeux). Peu de dialogues donc peu de bulles, la narration se lit comme un roman au dessous ou au dessus des cadres. C’est d’ailleurs plus un roman graphique qu’une bande dessinée.
En synthèse, un ouvrage assez décapant, terriblement intéressant, drôle malgré la lourdeur apparente du thème.
A acquérir sans réserve.
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