Kiki de Montparnasse

Publié le par Lectaritude et zôtres critures









« Kiki de Montparnasse »

Auteur : Bocquet

Dessinateur : Catel

Genre : Roman graphique

Année : 2007

Edition : Casterman

Avis :  ŸŸŸŸŸ                        
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Biographie complète et fidèle d'Alice prin, « Kiki de Montparnasse » est une BD douce amère sur les frasques et la vie d'une fille simple devenue la coqueluche du tout Paris artistique dans les années folles.

 

Séparée de sa mère enfant et élevée par sa grand-mère, elle part la rejoindre à Paris à la préadolescence, mère qui la place rapidement comme bonne à tout faire, n'acceptant pas de bouleverser sa vie pour cette enfant rustre et mal éduquée.

 

Elle ne conserve pas longtemps cette place pour se faire modèle. Elle fréquente modigiani, Utillo, Duchamp, Desnos, les Dadas, les surréalistes. Elle croise Cocteau, Aragon, Picasso, ... Elle pose aussi pour Léonard Foujita et Man Ray, dont elle deviendra la muse, l'égérie et la compagne.

 

Elle finira sa vie alcoolique et droguée dans le dénuement le plus total.

 

Coté graphique, les personnages sont croqués à gros traits. Je n'accroche pas vraiment au départ.



Il faut vraiment dépasser cette réticence de l'œil et les quelques dizaines de premières pages ou l'auteur pose l'histoire et l'enfance d'Alice, pour enfin se laisser happer par le personnage très attachant de Kiki et par le style de Catel.

Le dessinateur alterne les gros plans, souvent sur les dialogues, avec des scènes d'ensemble.

 

Pour les textes, Bocquet donne du rythme à cette histoire en utilisant uniquement un mode dialogue. Pas de texte de liaison. Il nous gratifie aussi de quelques jolies pensées qu'il met dans la bouche de personnalités célèbres de l'époque :

 

« Cocteau : Un homme normal devrait pouvoir faire l'amour avec n'importe qui et même n'importe quoi car l'instinct de l'espèce est aveugle.

Kiki : Ah ! L'amour qui rend aveugle et sourd !

Coteau : Je ne parle pas d'amour, je parle d'instinct où seul compte l'acte sexuel. Une brute s'inquiète peu des circonstances qui le provoquent »

 

Où encore toujours avec cocteau :

 

« Cocteau : Ha ! Ha ! Chère Kiki, vouloir moraliser l'opiomane, c'est dire à Tristan « tuez Iseult, vous irez mieux après ! »

Kiki : Vous aimez l'opium à ce point ?

Cocteau : tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer de l'opium pour moi, c'est quitter le train en marche... »

 

On tourne la dernière page à regret.

 

A noter la couverture du roman graphique est directement inspiré d'une photo assez connue de Man Ray.

 

 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
Man ray qui  la photographiera beaucoup : 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ou encore en 1926 cette photo superbe (noire et blanche) :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
et ce portait encore :
  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 








 

D'autres la peignent :
Cette toile de medjinsky (1921) reprise par Catel dans cette planche :
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 

Quelques toiles en vrac : Moïse Kisling / Moïse Kisling / gustaw Gwozdecki : 
  


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
   
  
   
  

  
 
J'en recommande vivement la lecture, moi-même aiguillé en amont par « my Kat ». Et c'est heureux ! Je n'y serai pas venu naturellement sur un simple feuilletage, debout, devant les présentoirs de mon libraire favori

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Publié dans Lecta BD

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