« Live in Gdansk », David Gilmour.

Richard Wright nous a quitté, la semaine dernière ! Un cancer. La nouvelle tombe comme un cheveu sur la soupe. Un décès qui m'attriste infiniment. Chagrin générationnel, sans doute, les mots ne sont pas de moi, ...
On conservera en mémoire ses créations, et l'apport considérable du clavier des Pink Floyd dans l'œuvre du groupe. Le très discret Richard, dont la personnalité sans doute moins mégalomaniaque que ses deux illustres compères, le génial mais tyrannique Roger Waters et le talentueux David Gilmour, n'a en effet jamais recherché le statut de leader et les feux de la rampe. Sa contribution à l'œuvre du groupe reste néanmoins prépondérante. Il est déterminant dans le son et l'atmosphère « Pink Floyd ».
L'histoire ne retient souvent que les leaders charismatique et négligent les modestes et les discrets qui n'ont pourtant, souvent, pas moins de génie.
Richard Wright est de cela. Sans doute autant l'âme et le style des Pink Floyd que les trois autres.
Un article de libération qui faisait le panégyrique du personnage au moment de sa mort relevait son inestimable contribution, en tant que compositeur et non seulement en tant qu'interprète, sur bien des morceaux, dont le génial « Shine on your crazy diamond » de l'album « Wish you were here » qui, avec « The Dark side of the moon » reste pour moi les deux sommets du groupe.
Adieu Richard on t'écoutera encore longtemps ... et notamment sur ta dernière contribution sur le double Live de Gdansk.
« Live in Gdansk »
David Gilmour
Septembre 2008
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En mars 2006, David Gilmour nous offrait un nouvel album, le très doux et mélancolique « On an Island ».
La sortie d'un nouveau Gilmour est toujours un événement. C'est en effet assez rare ! Trois albums solo seulement (le précédent en 1984), et deux Pink Floyd en 20 ans depuis qu'il a repris les rênes du groupe. On ne peut pas dire qu'on frise l'overdose !
A la première écoute j'avais été surpris, on était loin de l'intemporalité, de l'universalité et de la magie des albums de Pink Floyd. Mais à chaque nouvelle écoute je rentrais un peu plus dedans, jusqu'à savourer le génie de l'artiste. Un disque paisible, avec une teinte de mélancolie, mais finalement oh combien logique. Une suite apaisée, une évolution. La continuité d'un « Division Bell » ? Oui en quelque sorte, si l'on considère la guitare et la voix qui sont toujours là !
En 2006 Gilmour s'attache les services de Phil Manzanera (Roxy music) qui coproduit l'album et conserve Richard Wright son compère de toujours. Conscient de son apport, Gilmour a toujours gardé Wright près de lui dans sa carrière solo !
Il coécrit les paroles avec son épouse, la journaliste anglaise Polly Samson. Manzanera avait aussi collaboré sur le « Division Bell » et Polly avait co-ecrit « High Hopes » sur le même album, une première, puisque à ma connaissance, c'est la seule femme à avoir eu l'honneur d'être associée à la création d'un album des Pink Floyd
Bref, ce disque surprenant avait fini par arracher mon adhésion définitive.
Le 26 août 2006 Gilmour répond favorablement à l'invitation de Lech Walesa pour fêter l'anniversaire de Solidarnosc et se produit avec Wrigtht, Manzanera et le « Baltic Philarmonic Symphony Orchestra », au « Gdansk Shipyard », devant 50.000 personnes. Le concert est enregistré et filmé et « sort » ces jours ci sous la forme d'un double CD avec une version CD + DVD du concert.
Polly Samson signe les photos qui sont utilisées sur la pochette.
Le concert et l'album donc, mixe la quasi intégralité des titres de « On an Island » et des reprise de Pink Floyd. Les morceaux de « On an island » sont réarrangés pour un accompagnement avec un orchestre philarmonique de près de 40 violons. Le résultat est intéressant, mais moins impressionnant que le même travail réalisé par Sirkis (Indochine) sur le concert de Hanoï. Le premier CD est presque entièrement consacré à ces morceaux, tous accompagnés par l'orchestre. « Breathe » et « Time » extraites de l'album « Dark side ... », non accompagnées, et relativement conformes aux originaux, complètent cette première galette.
Le second CD est un CD de reprise des titres plus anciens de Pink Floyd. Pas de philarmonique sur celui-ci, mais des surprises. Une version bouleversante, très épurée de « Shine... ». Quand on connait chaque note de l'original, la première écoute est déstabilisante. On se dit : « Sacrilège ! Mais qu'a-t-il fait ? ». Et puis, histoire de pas passer pour un vieux con, on réécoute, une fois, deux fois, ... C'est très sobre, très épuré, sur le passage vocal, la voix n'est soutenue que par une guitare très discrète. Elle est plus grave que celle de Waters dans l'original. L'intro est beaucoup plus lente, tout le morceau est plus lent. A la sixième écoute c'est gagné. « Shine on you crasy diamond », le chef d'œuvre du groupe, est modernisée, et ca vaut le détour. Elle ne fera pas oublier l'original, mais diable que c'est bon, très bon, et nouveau finalement !
Même traitement pour « Wish you where here », même si c'est moins spectaculaire.
« Astronomy Domine » (signée par Syd Barrett sur « The Piper at the Gates of Dawn » - un hommage ? - Syd est mort en juillet 2006 un mois avant le concert), « Fat old Sun » (Atom Heart Mother), « High hopes » (Division Bell), une version de plus de 25 minutes d' « Echoes », « A great day for freedom » (Division Bell) et « Confortably num » (The Wall) complète ce deuxième disque.
Toutes sont différentes, plus ou moins, des titres originaux. Toutes sont intéressantes.
Je conseille à l'achat comme dise les boursiers. Un Exxxcellllent album ! David Gilmour est définitivement le meilleur guitariste du monde et de tous les temps. L'omniprésence de sa guitare sur ce « Live at Gdansk » nous le rappelle une fois de plus ...