Tokyo.

« Tokyo »
Mo Hayder
Angleterre
Thriller
Presse de la Cité, mars 2005
Pocket, février 2007
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Décembre 1937, l'invasion japonaise n'épargnera pas Nankin. Certains chinois veulent croire aux traditions ancestrales de ce voisin civilisé et survivre, même si guerre il y a.
Soixante ans plus tard, les témoignages des méfaits japonais restent rares et peu précis, pourtant l'horreur semble y avoir été de mise, l'inimaginable transcrit seulement 2 fois. Grey, alors âgée de 13 ans, tombe fortuitement sur l'un d'eux, un livre orange aussitôt volatilisé, et y consacrera ensuite toute son attention. Jusqu'à ce jour où jeune étudiante anglaise en langues orientales elle se tient, dans un bureau universitaire de Tokyo, face à l'ultime dépositaire du seul autre témoignage existant. Shi Chongming, éminent professeur de sociologie invité à Tokyo pour compléter ses recherches sur la pratique de la médecine chinoise au Japon, nie d'abord l'existence du film que Grey lui réclame, puis lui propose un marché : il lui montrera ce film en échange d'un objet qui est en possession d'un des plus redoutable yakusa de Tokyo.
Voilà, l'intrigue est lancée, le roman se poursuit sous deux angles, celui de Grey qui tente de récupérer l'objet convoité par le professeur et qui permettra à la jeune femme de régler un compte avec son passé, et celui de Shi Chongming à travers la lecture de son journal qu'il écrivit à Nankin en décembre 1937 lors de cette invasion japonaise.
C'est du lourd, c'est vi-o-lent (!), l'idée d'horreur va crescendo dans la partie "Nankin", celle de suspense s'impose très fortement dans celle de Grey dont les secrets se dévoilent peu à peu. Elle n'est pas sans faire penser au personnage de Lisbeth dans la série Millenium de Stieg Larson (ici), genre 30 kg toute mouillée qui se frotte aux terreurs de la ville.
Un très bon thriller pour qui ne craint pas les horreurs de l'imagination humaine.
Petit conte chinois trouvé dans le livre :
« Il y a plus de deux milles ans, selon la légende, vécut la belle Miao-shan, la plus jeune fille du roi Mao-chuang. Comme elle refusait de se marier malgré le vœu de son père, celui-ci, dans son courroux, la condamna à l'exil sur une montagne nommée Xiangshan, la montagne Parfumée, où elle dut se nourrir de fruits cueillis aux arbres et s'abreuver aux torrents odorants. Mais au palais, son père tomba malade. Sa peau était atteinte, il ne quittait plus le lit. Sur la montagne Parfumée, Miao-shan eut vent de son mal et, consciente comme toutes les filles de Chine de l'importance de la piété filiale, elle n'hésita pas à s'arracher les yeux, ni à ordonner à un serviteur de lui trancher les deux mains. Envoyés au palais, ses mains et ses yeux furent transformés en remèdes et administrés à son père qui, si l'on en croit le mythe, connut un rétablissement remarquable. »