Dead Man

Publié le par Lectaritude et zôtres critures

 

  
   « Dead Man » (DVD)
    Réalisateur : Jim Jarmusch
    Casting : Johnny Deep, Gary Farmer, Robert Mitchum, Iggy Pop…
    Genre : Western
    Année : Sortie France 3 janvier 1996
    Avis : 99999
 
 
Fin du XIX° siècle, Etats-Unis. William Blake, un jeune homme natif de Cleveland, se rend à Machine Town, sur la côte ouest, pour y prendre un emploi de comptable. Après un long voyage en train, il arrive enfin dans cette ville perdue au fin fond de nulle part. Il apprend vite que le poste qu´il espérait a déjà été pourvu et se fait vivement remercier par le patron de l´usine, M. Dickinson, et son fusil. Atterré, seul dans cette ville perdue, il fait la connaissance de Thel, ex-prostituée avec qui il passera la nuit. Malheureusement, son ex-petit ami, le fils Dickinson, arrive. Jaloux, ce dernier tue la jeune femme et lui tire une balle au niveau du cœur. Bien que blessé, Blake le tue à son tour d´un coup de revolver et prend la fuite en volant le cheval de sa victime. Perdu dans la forêt, il fait la rencontre de Nobody, indien atypique élevé par des occidentaux, qui le prend pour le fameux poète anglais, son homonyme. Le père Dickinson lance alors à sa poursuite un trio de tueurs à gages. Une drôle d´aventure commence alors dans les forêts américaines…
 
« Il est préférable de ne pas voyager avec un homme mort. » C´est par ces mots d´Henri Michaux que commence le road movie de Jarmusch, ce voyage initiatique qu´entreprend malgré lui un jeune homme blessé par un malheureux concours de circonstances. Dans sa quête (si quête il y a) il est accompagné par un guide peu ordinaire, un certain « Nobody », qui l’initiera et le préparera tant bien que mal à accepter son destin et la mort. Ces mots sont sans doute adressés à l´indien... Où ne seraient-ils pas au contraire adressés à Blake ? Ne serait-ce pas là une mise en garde contre ce guide qui réveillera en lui bien des instincts endormis et qui lui même est à moitié mort? En effet, rien de plus inhabituel que le personnage de Nobody, indien pris entre deux civilisations, bannit par ses comparses et condamné à errer seul (ou presque) dans les forets. Seul William Blake pouvait l´accompagner un temps, lui même pris entre deux mondes, entre la vie et la mort…
 
Et Dead man est bien plus qu´un simple voyage initiatique : ce film est une subtile critique de la société américaine et une nouvelle variation dans le genre « western ». Ici, pas de gentils blancs aux prises avec de méchants peaux rouges mais la dure réalité et la vérité d´un peuple qui a fondé toute sa civilisation sur un génocide. Les blancs sont montrés dans toute leur cruauté et leur folie. La condition indienne, quant à elle, y est approchée d´une façon bien différente qu´à l´accoutumé. Pour illustrer ce clivage et l´histoire funeste des Etats-Unis, la violence est très présente dans le film, que ce soit par l´omniprésence des armes (à croire que le rapport qu´entretiennent les américains avec les armes au XXIème siècle est inscrit dans leur histoire) ou par les rapports conflictuels qu´entretiennent les personnages. Le tout bien souvent traité de façon burlesque.
 
Cette relecture ironique et original du western nous étonne et nous passionne. Plein de mysticisme, de dérision et d´humour, Dead man est un film à ne pas manquer ! Saluons par ailleurs la musique de Neil Young et la dernière apparition de Robert Mitchum au cinéma.
 
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Publié dans Lecta ciné

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