Carptree « Insekt »

Publié le par Lectaritude et zôtres critures

 

  « Insekt »
   Artiste : Carptree
   Date : Avril 2007
   Genre : Rock progressif
   Avis : ²²²²²
 
 
Samedi 28/04/2007 – 10h30 - J’avise le « chevelu barbichu queue de cheval » (me paraît bien « branchouille » cuilà), qui s’occupe du rayon rock progressif de ma Fnac préférée.
 
-         « Bonjour, je ne trouve pas le dernier Carptree, j’ai vu sur Internet qu’il était sorti »
-         « Carp quoi ? »
 
Pas « branchouille » du tout finalement. Il se jette sur son ordinateur :
-         « pas référencé ».
 
Il finit par trouver sur Internet les trois premiers albums.
-         « Ah ! ben c’est pas distribué en France »
-         « Pourtant c’est génial », dis-je
-         « Ah mon brave Monsieur, ça fait bien longtemps que toutes les maisons de disques ont virés leurs directeurs artistiques. Ya des types qui remplissent des stades dans leur pays et dont on ne verra jamais la queue d’un album ici ! »
 
Ah, le mercantilisme des distributeurs… L’importation de groupes moins commerciaux qu’à l’accoutumé relève donc du sacerdoce !
 
Il est vrai que nous vivons dans un pays ou la mort de Gregory Machinchose fait l’ouverture du journal de 20H avec un hommage appuyé qui suit sur la même chaîne, lors d’une soirée spéciale en prime time (promo gratos pour la maison de disque, mais ne soyons pas cynique !), alors que dans le même temps, une semaine plus tard pour être exact, le décès de Mstislav Rostropovitch fait l’objet d’une brève dans le même journal.
 
Mstislav Rostropovitch est « juste » le plus grand violoncelliste de tous les temps, ami et soutien de Soljenitsyne, combattant pour la liberté, engagé politiquement contre le régime soviétique qui lui a valu un exil terrible, ambassadeur de l’Unesco, … Le même homme jouant seul le 11 novembre 1989 avec un tabouret et un violoncelle, devant un mur de honte, pour soutenir tout un peuple qui a entreprit de le détruire, parfois à main nue.
 
Ne nous méprenons pas, ma mauvaise humeur, n’est qu’à l’encontre de la presse et de la télé. Il est infiniment triste qu’une jeunesse sans doute talentueuse dans son genre, soit ainsi fauchée, à l’aube d’une vie qui promettait. Gregory Lemarchal avait à n’en pas douter du talent, en tous cas celui de divertir le plus grand nombre.
 
Heureusement, en ce bas monde, il existe encore quelques rares illuminés qui se sont assis sans doute sur l’idée d’amasser des montagnes de dollars sur le dos des consommateurs, pour promouvoir et faire partager leurs passions.
Dans cette attitude, trop rare, il ne nous paraît pas déplacé d’encourager la démarche de Cosmos Music, spécialisé dans la diffusion « des musiques progressives », qui est l’importateur en France des albums de Carptree.
 
 
En plus, des gens éminemment sympathiques, soucieux du « bien faire » et d’une grande fiabilité. Vive les illuminés !
 
Cosmos Music m’a donc adressé  « Insekt ».
 
Nouvelle production du groupe Carptree dont nous avions déjà fait l’éloge (ici). « Insekt » est magistral, aussi bon que « Superhero » et « Man made machine ». A la première écoute c’est du Carptree à n’en pas douter. Et puis au fil des auditions, les différences se font jour : Des alternances de voix en duo, des voix féminines, des voix déformées aux synthés, mais aussi les constantes du groupe, des morceaux crescendo qui finissent en feux d’artifices, des ruptures de rythmes, les instruments utilisés toujours majoritairement piano/guitares/synthés, les chœurs.
 
« Insekt » vous enveloppe dans une ambiance un peu mélancolique et sombre mais jamais lourde  avec des lueurs inattendues et bienvenues. Le disque est assez pur, c’est le mot qui convient. Tout semble si travaillé, précis, chaque instrument amenant sa sonorité à une harmonie générale. C’est très mélodique, symphonique même.
 
Caprtree continue d’affirmer haut et fort ses influences (Pink Floyd versant Waters dans « Stressless » et Genesis dans quelques autres morceaux), mais sait aussi s’en dégager avec des morceaux de construction plus actuelle, aux sonorités résolument métalliques (« Big surprise » par exemple).
 
Un album somptueux en conclusion à la fois dans la continuité et, ce qui semble paradoxal, avec une modernisation du son. Un ensemble très aboutit et très cohérent qu’on apprécie un peu plus à chaque nouvelle écoute.
 
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Publié dans Zôtres musiques

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Brève de Fnac...<br /> Le week-end dernier, en quête du premier numéro des Cahiers du cinéma en langue espagnole, je me rend dans ma Fnac préférée (et Dieu merci la seule!) où un ami cinéphile avait pu acheter le précieux magazine. Aux vues de la foule en train de flâner dans les rayons, je décide de m´adresser directement à un vendeur: "Bonjour, je cherche une revue: Les Cahiers du cinema - Désolée Mademoiselle, on ne vend plus de revues". Doutant plus du vendeur que de cet ami, j´entreprend des recherches, qui furent, je l´avoue, très courtes: Une pile d´une trentaine numéros me tendait les bras, en tête de gondole, au premier sous-sol... Sans commentaire...
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