Keith Haring, l'expo

Publié le par Lectaritude et zôtres critures

 

Le musée d'art contemporain de Lyon met le Pop'art à l'honneur, en nous offrant à trois années d'intervalle, deux expositions magnifiques. En 2005, l'exceptionnelle exposition retraçant l'œuvre d'Andy Warhol et cette année, celle de Keith Haring

 

Keith Haring, artiste New yorkais, très en vogue dans les années 80, chantre de l'art Urbain et du Pop'Art, dont la carrière très courte - dix ans seulement, il est mort du Sida à 32 ans en 1990 -  lui a néanmoins permis de produire une œuvre remarquable et très cohérente.
 

 
 
Venant de la pub, il débute au début des années 80 par le graph et le tag, en laissant dans le métro NewYorkais des œuvres éphémères, dans l'esprit de rendre l'art accessible à tous. C'est une idée qui sera une constante de sa courte existante artistique. Il cessera en effet de produire dans le métro en 85 parce que les spéculateurs de tous poils, décollaient ses affiches dessinées à la craie, profitant de sa notoriété grandissante pour réaliser quelques bénéfices sur son dos. La démarche dévoyée, Keith Haring préféra une autre forme de popularisation de son art. Il ouvrira à New York d'abord - à Soho en 86 - puis à Tokyo, des Pop'shop, petites boutiques ou il sera possible d'acheter à bas prix des petits objets tirés de ses dessins ou de ses toiles.
 
 

 
 
L'esprit reste le même : démocratiser l'art et le sortir d'une certaine forme d'élitisme. La démarche ne fait pas l'unanimité, bien que soutenue avec ferveur par son mentor, Andy Warhol.

 
   
 

Son travail l'amènera à collaborer avec de nombreux artistes très en vogue. Citons Madonna et Grace Jones dont il peindra le corps.

 
 


Sur la fin de sa vie, il s'engagera dans des actions humanitaires pour soutenir des causes comme la recherche contre le Sida, ou le soutien aux enfants malades. C'est dans ce cadre qu'il peindra d'ailleurs la fresque de l'Hôpital Necker de Paris.

 

Coté œuvre.

 

Le trait d'union de son œuvre est son fameux « trait noir » dont il se sert pour figurer objets et personnages. Il crée des « petits bonhommes » qu'il sème dans tous ses dessins et dans beaucoup de ses toiles. Tantôt porteur d'un message, tantôt utilisés comme une masse informe qui symbolise une humanité informe. On les trouve comme matière de remplissage, comme fluide (le sang qui coule d'un pied), ...

 
 

Il développe toute une iconographie personnelle autour de ces petits bonhommes et du plus célèbre d'entre eux, le bébé rayonnant, qui orneras nombre de tee-shirts dans les années 80. Les toiles expriment toujours un mouvement, on les dirait vivantes.

 
 

Son œuvre s'inscrit globalement dans une symbolique assez simple à décoder - ce qui la rend très accessible d'ailleurs : Il joue beaucoup avec les icones et les symboles, thématiques récurrentes que l'on retrouve dans de nombreux dessins et toiles : Le serpent, les outils tranchant (couteaux), le chien qui aboie, les petits bonhommes, ...


 
 
 

Sur ses grandes toiles, le trait noir enferme souvent des couleurs très vives qui contrastent avec les dessins à la craie  blanche sur fond noir,  de son début de carrière.

 

Certaines toiles s'inspirent nettement des cubistes et de Picasso. Le texte de l'exposition précise que Keith Haring avait été impressionné par les œuvres du maitre lors de la visite du musée Picasso à Paris.

 


 
 

 
























  

Quelques sculptures en métal reprenant l'iconographie des bonhommes ou du chien aboyant.











 
 
 

Une exposition exceptionnelle, qui présente près de 250 œuvres.

 

Pour compléter l'expo :

Le site de l'expo 

Le site de la fondation Keith Haring 

La visite virtuelle de l'expo


Pour compléter la chronique

Celle du figaro 

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Publié dans Expositions

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