L'erreur est humaine.

Publié le par Lectaritude et zôtres critures

 

  « L’erreur est humaine »
   Auteur : Woody Allen
   Pays : USA
   Genre : Nouvelles
   Editeur : Flammarion
   Date : 2007
   Avis : «««««
 
 
 
 
Un nouveau Wooodyyyyy ! [A prononcer façon « le nouvel homo » (*) ]
(*) Pour nos plus jeunes lecteurs : Cliquer ici (et se positionner en 02:47).
Extrait du sketch « La publicité » du toujours excellent et toujours actuel Coluche).
 
Un nouveau Woody donc.
Ma canne, mon chapeau, hâtons-nous, vers l’antre de notre bouquiniste usuel, nous délester des quelques euros indispensables à cette acquisition nécessaire, n’en doutons pas !
 
L’ouvrage est posé devant moi. La couverture est déjà encourageante : Première facétie de l’auteur qui se « portraitise » à l’envers, utilisant ses lunettes pour signifier le double O de son prénom. Fond jaune citron. Ca sent l’acide et le souffre. A mes binocles, vite !
 
Un recueil de nouvelles … bon !
 
Quelques heures plus tard ….
 
La verve « Allenienne » s’en donne à cœur joie sur les petites turpitudes de la vie. Il surfe sur l’absurde sans jamais vraiment y plonger comme il avait pu le faire avec flamboyance dans « Dieu, Shakespeare, et moi » (ici). L’œil aiguisé du plus français des auteurs américains s’empare de situations usuelles, inspirée du quotidien, et les « pousse » à l’extrême. Voilà rapidement résumé le ressort utilisé dans la grande majorité de ces nouvelles.
Ca donne des choses comme : L’histoire de cette famille qui se détruit faute d’avoir pu inscrire le rejeton dans la maternelle branchée de la ville où bien encore, l’acquisition et la rénovation d’une bicoque avec les incontournables déboires avec les artisans du bâtiment (sujet maintes fois traité).
 
Autre source d’inspiration, les brèves pêchées dans les lectures journalistiques de l’auteur (le Guardian de Londres et le New York Times) utilisées comme point de départ d’une nouvelle, avec les mêmes ressorts que dans les textes précédents, l’exagération et la déformation.
Comme cette news sur l’évolution de l’industrie textile qui invente de nouvelles fibres capables d’encapsuler parfums, odeurs, médicaments ou même électricité où bien encore ce prêcheur qui rédige sur commande des prières qu’il vend sur ebay.
 
L’écriture est brillante et drôle, « J’ai dû enfreindre la loi divine pour qu’il nous arrive une chose comme ça, gémit-elle. J’ai dû commettre je ne sais quel péché très grave – dépassement de mon quota de chaussures Prada, peut-être » (P13), mais moins inspirée et plus sage que dans ses ouvrages précédents. Moins délirante aussi, encore que, parfois, Woody Allen renoue avec ça, comme le début de cette nouvelle (P101) :
« Le rocher de Wilton se situe au cœur des Grandes plaines, au nord du bosquet du Berger, sur la gauche de la pointe de Dobb, juste au dessous des falaises qui forment la constante de Planck. La terre est arable et se trouve principalement au sol. Une fois l’an, les vents tourbillonnants en provenance des plateaux de l’Alta Kicka déferlent à travers champs, soulèvent les paysans occupés à leur besogne, et les déposent des centaines de kilomètres plus au sud, où ils se réinstallent souvent et ouvrent des boutiques »
 
Il manque un « je ne sais quoi » pour en faire un bon livre. En fait, les nouvelles sont très inégales. Le très bon  côtoie le moins bon, le banal  et le déjà vu.
 
Comme d’habitude Woody, dont l’humour décapant reste une constante et ne faiblit pas, nous livre quelques sentences mémorables qu’on retrouvera sans doute bientôt, sur les sites de citations. Pour la bonne bouche :
 
« Si la gravité devait soudain cesser, certains restaurants exigeraient-ils encore le port du veston ? »
 
« Je me suis réveillé vendredi mais comme l’univers est en pleine expansion, il m’a fallu plus de temps que de coutume pour retrouver ma robe de chambre »
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Publié dans Nouvelles

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