« Livres et nous »

se livre à vous et vous livre aux autres sur nos lectures (les vôtres, les nôtres). Une petite fenêtre est maintenant à disposition sur vos coups de cœurs ou nausées littéraires, voire votre avis sur un livre ou un auteur. Amateurs de rayonnage en librairie à la recherche de nouveaux scribes prometteurs passez un peu par chez nous y trouver des idées et n'hésitez pas à nous faire part de vos découvertes personnelles.

Du nouveau sur lecta qui ouvre cette fois-ci ses portes au cinéma, dvd, bd et à la musique. Nous attendons vos points de vue dans nos rubriques toutes neuves.

Pour que nos choix soient plus souvent une bonne pioche laissez-nous vos « critures » !


Jeudi 18 juin 2009




« Paulo Coelho »
Paulo Coelho
Brésil
Roman
Le Livre de poche
1994

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Ma première rencontre avec Paulo Coelho avait été décevante. « L'alchimiste » (ici), précédemment lu, ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Celui-ci me réconcilie avec cet auteur, souvent plébiscité par ses lecteurs.

 

Le pitch...

 

Pilar et son ami d'enfance, dont on comprend rapidement qu'ils ont été amoureux à l'adolescence, se retrouvent 11 ans après s'être séparés.

Elle rêve de devenir fonctionnaire, de trouver chaussure à son pied et de mener une existence paisible et normée. Lui est parti parcourir le monde en quête de spiritualité. Il s'est découvert un don de guérisseur et a trouvé la foi. Mais son amour irrésolu pour Pilar le tourmente au point de vouloir la retrouver pour se donner le choix dans la poursuite de sa vie. Dualité de sentiment qui anime cet homme et le place devant un choix cornélien : Le bonheur des autres ou le sien ?

 

Poaulo Coelho nous livre une réflexion philosophique, sur l'amour et sur la foi. Dans un style simple et limpide, avec beaucoup de poésie, l'auteur écrit de très belles lignes sur ces sujets, abordant nombre de thématiques corolaires : L'abnégation, le sens du sacrifice, les préjugés, la culpabilité, le bonheur ...

 

Dans une note introductive à l'ouvrage, l'auteur nous dit :

 

« Le véritable amour est un acte de don total.

La rivière Pierdra... est un livre sur l'importance de ce don. Pilar et son compagnon sont des personnages fictifs, mais ils symbolisent les nombreux conflits qui sont notre lot dans la recherche de l'autre partie. Tôt ou tard nous devons vaincre nos peurs, puisque le chemin spirituel se fait au travers de l'expérience quotidienne de l'amour

.../...

Aimer, c'est communiquer avec l'autre, et découvrir en lui l'étincelle de dieu »

 

Cette tirade aussi qui résume bien l'esprit du roman :

 

« Il faut prendre des risques, disait-il. Nous ne comprenons le miracle de la vie que lorsque nous laissons arriver l'inattendu.

Chaque jour, Dieu nous donne, avec le soleil, un moment où il est possible de changer tout ce qui nous rend malheureux. Chaque jour, nous feignons de ne pas nous rendre compte que ce moment existe, nous faisons semblant de croire qu'aujourd'hui est semblable à hier et sera semblable à demain. Mais l'être qui fait attention au jour qu'il est en train de vivre découvre l'instant magique. Celui-ci peut être caché dans la minute où, le matin, nous mettons la clef dans la serrure, dans l'intervalle de silence qui suit le repas du soir, dans les mille et une choses qui nous paraissent toutes semblables. Mais cet instant existe, un instant où toute la force des étoiles passe par nous et nous permet d'accomplir des miracles.

Le bonheur est parfois une bénédiction - mais, le plus souvent, c'est une conquête. L'instant magique de la journée nous aide à changer, nous pousse à partir en quête de nos rêves. Nous allons souffrir, nous allons traverser de mauvaises passes, mais ce sont là des périodes transitoires, qui ne laissent pas de traces. Et plus tard, nous pourrons regarder en arrière avec fierté et avec foi. Malheureux celui qui a eu peur de prendre des risques. Car celui-là ne sera jamais déçu, ne connaitra peut-être pas la désillusion, ne souffrira pas comme ceux qui ont un rêve à poursuivre. Mais quand il regardera derrière lui (car nous en venons toujours à regarder en arrière), il entendra son cœur lui dire : « Qu'as-tu fait des miracles que dieu a semés tous les jours ? Qu'as-tu fait des talents que le maître t'a confiés ? Tu les as enterrés tout au fond d'un trou parce que tu avais peur de les perdre. Alors, c'est là ce qui te reste maintenant : La certitude d'avoir perdu ta vie. »

Malheureux celui qui entend ces paroles. C'est alors qu'il croira aux miracles, mais les instants magiques de l'existence seront déjà passés. »

 

 


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Samedi 6 juin 2009




« Terminus »
Boileau-Narcejac
France
Roman Policier
Première parution 1980 chez Denoël
Folio, nouvelle parution février 2009

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Ce matin, Paul Chavane n'a pas la tête à son travail.

Á bord du wagon-restaurant, l'homme s'acquitte de son service au cours de la liaison ferroviaire entre Paris et Nice qui se couvrait en près d'une journée, un temps sans TGV, ses pensées vissées au livre dans lequel repose la lettre de rupture qu'il a soigneusement placé à l'intention de sa femme Lucienne.


Ils se sont mariés sans amour, lui, absent 4 jours par semaine, elle, à lire et fumer en robe de chambre la plupart du temps, leur vie n'a rien de sexy, il a pris à Chavane de vouloir changer la sienne.

Il apprend à Nice que Lucienne a été victime d'un grave accident durant la nuit.

Le retour vers Paris se déroule sous le poids des reproches, convaincu qu'il est d'un geste désespéré de Lucienne, de son manque de courage de n'avoir pu lui parler directement.

Á Paris, l'accident se révèle criminel, la lettre restée intacte les questions jaillissent alors que le coma de Lucienne semble vouloir s'éterniser.


Va s'en suivre une enquête menée par Chavane qui, d'adresses en rendez-vous, va bien devoir se rendre à l'évidence : Lucienne se ménageait une vie beaucoup plus sexy qu'il ne le pensait, dans laquelle il tenait un rôle bien précis et pas celui qu'il croyait jouer.


"Terminus" est un policier très bien mené, basé sur la tromperie des apparences et le ressenti d'un personnage ordinaire qui se révèle à lui-même à mesure que se dévoilent les pans secrets d'une vie qu'il s'était lassé de croire encore plus ordinaire.


Boileau-Narcejac, un nom du passé mainte fois rencontré dans l'air cinématographique et littéraire de leur temps, est un duo d'écrivains devenu maître, à l'époque, du roman policier d'atmosphère, et qui a voulu faire évoluer le polar en roman. (« Nous avons voulu faire du roman policier un roman tout court, et comme nous ne voulions pas renoncer au mystère qui est pour nous l'essence même du roman policier, il était presque indispensable de travailler à deux, l'un s'occupant presque uniquement de la mécanique sans beaucoup tenir compte des personnages, l'autre s'occupant surtout des personnages indépendamment du premier »).


Plusieurs de leurs écrits furent repris au cinéma dont les plus célèbres furent "Les Diaboliques" adapté par Henri-Georges Clouzot avec "Celle qui n'était plus" et "Sueurs froides" adapté par Alfred Hitchcock avec "D'entre les morts".

Leur dernier roman commun, Le soleil dans la main, sort en 1990, un an après la mort de Pierre Boileau. Thomas Narcejac continue un temps seul, en signant toujours Boileau-Narcejac, avant de disparaître à son tour en 1998.


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Dimanche 24 mai 2009








« X-Men Origins: Wolverine »

de Gavin Hood
avec Hugh Jackman, Danny Huston, Liev Schreiber
Fantastique
29 Avril 2009
1 h 45 min
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Le petit dernier de la saga des X-Men, sur les traces des origines de Wolverine.  Le voile se lève sur les zones d'ombres de sa vie, mises en exergue dans les précédents opus. Un scénario bien léché, très cohérent avec l'ensemble de la série, qui donne toutes les clefs du personnage...

 

Coté réalisation, du grand spectacle, très spectaculaire et très divertissant.

 

La distribution emmenée par un Hugh Jackman au sommet de sa forme est excellente de bout en bout.

 

Dans le genre, le film est un must. On ne s'ennuie pas une seconde, sans solliciter outre mesure les neurones.

 

Petit conseil : Pour en apprécier toute la cohérence, il n'est pas inutile de revoir les trois premiers épisodes.


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Jeudi 21 mai 2009
 



« La fascination du pire »

Florian Zeller
France
Roman
J'ai Lu
2004 (Ed. originale Flammarion)
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Un petit roman au passage, ca faisait longtemps !

Zeller ... Un jeune écrivain prometteur paraît-il.

Connaissais pas.

 

Candidat au Goncourt en 2004, il obtiendra finalement l'interallié.

 

La fascination du pire est l'histoire de deux écrivains qui se rendent en Egypte pour une série de conférence. Chacun part avec son bagage personnel, lots de fêlures, de vécus, de préjugés ... et de rêves d'orient et de femmes des milles et une nuit directement tirées de la correspondance de Flaubert sur son séjour dans ce même pays ...

 

L'histoire n'est qu'un prétexte à dérouler une double démonstration, construite sur une opposition :

 

Critique de la société occidentale, société de consommation, démocratie hypocrite et décadente, hommes politiques calculateurs et corrompus, ... bref la peinture d'une société égoïste, libertine, qui prône la résolution immédiate du désir.

 

Critique à l'inverse d'un islam aliénant, régulant la vie des fidèles qui forment au final des hordes d'illettrés à la disposition des manipulateurs de masse. Zeller décortique la place de la femme et l'absence cruelle de sexe, avec en point d'orgue la théorie selon laquelle, cet islam là, génère une population de frustrés dont finalement le seul échappatoire est le fondamentalisme terroriste et la haine de l'occident.

 

Le roman est une énorme provocation bâtie sur l'opposition de deux mondes sans intersection. C'est une vision éminemment simpliste de problèmes bien plus complexes.

 

Du cliché à outrance...

 

L'auteur se dédouane en fin de récit par une pirouette assez minable.

 

Je n'ai pas aimé, j'ai trouvé ça mauvais, convenu, trivial.

.

L'écriture ne m'a pas accroché non plus. C'est écrit très simplement.

Ce garçon n'a pas de style. Il écrit comme ça vient. Pas de constructions remarquables, pas de mots d'auteur, rien ... un désert.

 

Aucun intérêt.

 


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Jeudi 14 mai 2009




« Le rire »

Henri Bergson
France
Essai
Quadrige/PUF

Octobre 2007 (1ère édition : 1940)

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Quoi de plus naturel, quoi de plus insignifiant et à la fois de plus essentiel que le rire ? Quoi de plus inné aussi. Le bébé de quelques mois ne marche pas qu'il sait déjà rire ... On rit d'un mot, d'une situation ... On rit aux larmes, aux éclats, pour un rien ...

 

Le rire est le propre de l'homme, disais François Rabelais, signifiant qu'il nous différentie de manière discriminante de l'animal mais sans doute aussi par extension qu'il symbolise l'humain, le représente, mieux que toute autre caractéristique.

 

Le rire est en l'homme. L'homme « est », aussi, au travers de son rire.

Dis moi de quoi tu ris je te dirai qui tu es ...

 

Alors est-il sérieux de s'interroger sur le rire ? D'investiguer sa nature et sur les mécanismes qui sous-tendent son déclenchement ?

Il semblerait que oui.

Bergson s'y est « collé » et se livre à un exercice de haute voltige, une analyse systématique de tous les aspects du « bazar », de sa nature profonde jusqu'aux procédés pour le faire naître ! Tous les aspects du comique sont analysés, modélisés, illustrés ... Dans une approche rigoureuse, à la manière d'un mathématicien, il établit des règles et décortique les mécanismes.

 

C'est d'autant plus fascinant qu'à chaque nouvel énoncé, on est un peu perplexe, on a un peu de mal à comprendre ... et puis, il déroule sa démonstration, dialectique sans faille, où notre compréhension s'éveille au fil des mots, au fil des pages ... jusqu'à conclure, à chaque fois, à la pertinence du propos.

 

L'auteur commence ainsi par trois observations qui selon lui caractérisent le rire. Ils les posent comme des conditions nécessaires dans le sens où elles l'impliquent, et suffisantes puisque la réciproque est non moins vraie. Expression syntaxique directement inspirée d'un énoncé mathématique, mais l'ouvrage s'y apparente, comme souvent chez les philosophes. Il n'y a qu'un pas de la philosophie aux mathématiques, tant sur le plan de la finalité que sur celui de la construction. Mais ce n'est pas le propos et je m'éloigne ...

 

Bergson observe donc :

 

1 - Reprenant les affirmations rabelaisiennes, il indique d'abord que le rire est le propre de l'homme. Dans le sens Bergsonien, il considère qu'on ne peut rire que de l'humain. Le comique n'existe pas hors de cette sphère, et si l'on rit de l'animal c'est parce qu'il est mimétique de son grand cousin !

 

2 - Il poursuit en affirmant que le rire se développe au sein d'une conscience collective. « Le rire a besoin d'un écho ». On rit en groupe et c'est l'appartenance au groupe qui permet le rire ... Une intelligence qui rentre en contact avec d'autres ...

 

3 - Il termine en affirmant le rôle néfaste des émotions. Le rire nécessite une forme d'indifférence. L'émotion tue le rire. L'intelligence, seule, doit être sollicitée. Un personnage est comique quand il s'ignore lui-même, quand il et inconscient. S'il devient conscient, prenons l'exemple du ridicule qui en est l'un des ressort, il tentera d'infléchir sa posture, de gommer ce qui le rend cocasse.

 

Une fois ces préceptes posés, il inventorie les différentes formes de rire : La physionomie anormale dont on se moque - « Peut devenir comique toute difformité qu'une personne bien conformée arriverait à contrefaire » -, le comique des formes qu'il oppose enfin au comique des gestes et des mouvements.

 

Concernant ce dernier, il affirme qu'il est issu de la mécanisation plaquée sur du vivant. L'homme quand il devient un pantin mécanique tout en conservant suffisamment d'humanité, génère une situation comique. Un Tic qui se répète régulièrement chez l'orateur ... un règlement administratif qui transgresse une loi naturelle en tentant de mécaniser le vivant ...

Bergson illustre avec l'exemple de cette femme conviée à assister à l'observation d'une éclipse solaire, qui, arrivant en retard, demande à l'astrologue de bien vouloir recommencer !

Il cite aussi les médecins de Molière qui tente de rendre les maladies des patients, conformes à leurs visions de la médecine, déplaçant pour l'occasion les positions relatives du foie et du cœur.

.../... la réponse de Sganarelle quand on lui fait observer que le cœur est à gauche et le foie à droite : « Oui, cela était autrefois ainsi, mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d'une méthode toute nouvelle »

      

Il achève son inventaire par le comique de situations et le comique de mots, les moteurs du vaudeville.

 

« La comédie est un jeu qui imite la vie »


Bergson use de réminiscences et exhume de nos souvenirs le diable à ressort qui sort de sa boîte, souvenirs de nos éclats de rire à chaque nouvelle manipulation. Il transpose l’image sur le plan moral pour définir le comique de répétition. Le ressort se tend, se détend, se retend … faisant du diable projeté sur la sphère des sentiments et des idées un puissant moteur de comédie.

 

  

« Dans une répétition comique de mots il y a généralement deux termes en présence, un sentiment comprimé qui se détend comme un ressort, et une idée qui s'amuse à comprimer de nouveau le sentiment »

 

Dans la même lignée le pantin à ficelle figure la manipulation, là encore vecteur de comédie. Il introduit aussi L'inversion - l'arroseur arrosé », le prévenu qui fait la morale au juge, l'enfant qui sermonne ses parents -, pour finir par l'interférence des séries, que l'on peut résumer par un ensemble de faits du passé qui interfèrent avec une situation présente. Le moteur du rire est cette fois l'interférence de ces deux séries, source de gêne. Le quiproquo en est une autre illustration et un cas particulier.

 

Il développe aussi le comique de mots, passage particulièrement intéressant pour votre serviteur qui s'adonne parfois à ces jeux, dont il nous explique qu'il repose essentiellement sur l'absurde. On trouve, là encore, différentes techniques : l'inversion - « pourquoi jetez-vous vos cigarettes sur ma terrasse ? - Pourquoi mettez-vous votre terrasse sous mes cigarettes », la répétition et l'interférence des séries à nouveau, qui permet le calembour et les jeux de mots.

 

L'absurde et l'effet comique induit, se produit souvent lorsque l'auteur attire l'attention sur la matérialité des choses versus le sens figuré - « ... Donner de l'argent de sa poche ... mais ou diable voulez-vous le prendre ? ».

Bergson présente une gradation dont l'ultime stade, le jeu de mots, nécessite parfois de mettre en œuvre plusieurs leviers simultanément. Au premier stade, le jeu de mots s'appuiera sur les sens différents d'un mot, avec un effet maximum obtenu quand on joue en opposition sur les sens propre et figuré, mais peut aussi puiser et se complexifier en utilisant simultanément les autres leviers

 

Le chapitre s'achève sur des digressions autour de la transposition qui peut prendre plusieurs formes : Elle est ironie quand il s'agit d'une transformation du familier en solennel, dégradation quand elle transforme le grand en petit ou encore exagération dans le sens contraire.

 

Bergson exhaustif, achève l'ouvrage sur les caractères comiques ou il réaffirme son énoncé sur la mécanisation du vivant comme moteur du rire. Peu importe le caractère d'un personnage, l'insensibilité du spectateur acquise dans le sens de son absence d'émotion comme défini en introduction de l'ouvrage comme une condition sine qua non, Bergson donne alors les ingrédients d'un caractère comique : Insociabilité, raideur ou distraction, accompagnés d'un automatisme (mécanisation du vivant) facteur essentiel, sous jacent et strictement nécessaire.

 

« Un vice souple serait moins facile à ridiculiser qu'une vertu inflexible. C'est la raideur qui est suspecte à la société. »

 

Au sommet de la raideur, la vanité, l'un des défauts les plus utilisés dans la comédie.

 

Beaucoup de plaisir à la lecture de cet essai.

 

Un mot de la collection, remarquable, qui outre le texte original intégral, propose en deuxième partie un dossier critique qui triple le volume de l'ouvrage proposant, notes, commentaires, index, références, ... tout aussi intéressants parfois que le texte original.


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Lundi 20 avril 2009


« Concentré de Contre-Culture

50 idées, personnes et événemennts de l'underground, qui ont changé ma vie, pour le meilleur ou pour le pire »

Bruce Benderson
USA
Essai
Scali
Juin 2007
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Bruce Benderson, auteur New-yorkais, nous fait visiter son underground personnel au travers de 50 chroniques de personnages, lieux, idées, événements qui ont jalonnés son existence dans les années 60 et 70. C'est pittoresque, toujours original, parfois délirant. C'est aussi une peinture d'époque. On y apprend plein de choses. On mesure aussi très bien à quel point parfois les connaissances que nous avons sont superficielles.

 

La quatrième de couverture résume bien le propos :

 

« Ce Concentré de Contre-Culture, construit par ordre alphabétique, à la manière d'une mini-encyclopédie, part d'Altamont, le célèbre concert de rock des Rolling Stones au cours duquel un spectateur fut assassiné, pour aller à Viva, la superstar la plus effrontée et dénudée d'Andy Warhol. En chemin, on rencontrera des personnages tels qu'Eldridge Cleaver, qui voulut fonder un Etat séparatiste noir aux Etats-Unis ; Patty Hearst, riche héritière américaine qui sombra dans le terrorisme ; Robert Crumb, le roi de la BD underground ; Peter Berlin, caricature vivante du désir homosexuel ; Jean Seberg, qui sacrifia son identité culturelle pour s'exiler en Europe et en paya un lourd tribut ; ainsi que les autres artistes, visionnaires, radicaux et cinglés qui inventèrent le monde alternatif des années soixante et soixante-dix.

Vous découvrirez pourquoi le Bouc a toujours été un symbole transgressif, comment les mouvements Punk et Grunge sont morts, à quoi ressemble la vie d'un Skateur à NewYork, comment Haight-Ashbury, le quartier hippie de San Francisco, se développa, et beaucoup d'autres anecdotes sur la vie dans les marges. »

 

L'auteur a vécu la plupart de ce qu'il décrit, voir en a été acteur. C'est une grande partie du charme de l'ouvrage. La lecture, agrémentée d'anecdotes, est de fait plaisante. C'est paradoxalement aussi le défaut du livre. Certains thèmes dont on sent qu'ils lui sont chers, comme la mouvance homosexuelle à laquelle il appartient, sont abondamment traités et certains faits relatés relèvent plus de souvenirs personnels que de contre-culture (Le chapitre sur la chtouille (Syphylis) par exemple ...)

 

Dans un chapitre introductif très intéressant, Benderson définit le terme de contre-culture et ce que qu'il y met, sa genèse et principaux jalons. En synthèse : C'est ce qui bouscule l'ordre culturel établit, si possible subversif, et de toute façon éphémère. La contre-culture cesse d'en être, dès lors que l'establishment s'en empare. Les Warhol et consorts qui étaient les vrais piliers de cette mouvance et qui font aujourd'hui l'objet d'expositions dans les musées officiels sont de ceux là.

 

Il dit ainsi :

 

« La manière la plus satisfaisante de définir la contre-culture est peut-être d'étudier comment elle prend la culture dominante à rebrousse-poil... »

 

« Un autre présupposé de la contre-culture est qu'elle s'oppose, consciemment ou pas, à la sécurité de l'individu et sa communauté »

 

 « Une position contre-culturelle implique un certain désir de transformer la société, de l'améliorer »

 

L'auteur, avec le recul, a réalisé une analyse rétrospective de son vécu et y pose un regard assez juste, comme ici :

 

« Qu'importe la véhémence avec laquelle notre contre-culture faisait rage et qu'importe le désordre qu'elle pouvait semer, elle ne représenta dès le départ rien de plus qu'une nouvelle forme de consommation.../... »

 

« Le plus sidérant dans tout cela, lorsqu'on y repense, des décennies plus tard, c'est de s'apercevoir que bien que la contre-culture qui s'était développée dans les années soixante et soixante-dix ait paru spontané et chaotique, il s'agissait en fait, par bien des cotés, d'un scrupuleux et logique assemblage d'idées et d'attitudes qui avaient embrassé deux ou trois siècles »

 

« L'un des aspects les plus intéressant de la contre-culture résida dans sa capacité à créer des expériences ayant durablement subverti les constructions sociales tout en restant dissimulées, plutôt qu'en cherchant la notoriété médiatique ou le profit commercial »

 

En conclusion, un ouvrage plaisant qui allie une narration ludique avec des réflexions et un regard rétrospectifs non dénués d'intérêt.

 

Liste alphabétique des chroniques : Altamont / Attica / Peter Berlin / Black panther party / William Blake / Bouc / José Bové / Burning man / William S. borroughs / Le Che / Chtouille / Church of euthanasia / Les cockettes / Crisco / Robert Crumb / Joe Dallesandro / Diggers / Divine / Dix-huit ans / DMT / Double vie / Jacques Ellul / La factory(Andy Warhol) / Gothiques / Grunge / Haight / Patty Hearst / Cui Jian / Sebastien Kappen / Liberté sexuelle / Marshall McLuhan / Mario Montez / Mouvement völkisch / Nico / Ours / Punk / Queercore / Réfractaires / Rétro/ Riot Grrrl / Rolfing / Jean seberg / Sectes / Skateurs / Skinheads / Straight edge / Tatouages / Vama Veche / Viva


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Dimanche 19 avril 2009





« Best Love Rosie »
Nuala O'FAOLIN
Irlande
Éditions Sabine Wespieser
Août 2008

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Rosie la cinquantaine ronde et énergique bourlingue le monde au gré des missions éducatives qu'elle se dégote. Là, elle revient à son port d'attache, chez Min sa tante. Elle qui n'a pas une seconde chercher à se défiler quand, au décès de sa sœur, le devoir l'a appelé pour assurer l'éducation de sa nièce et la tenue du foyer alors qu'elle avait à peine 15 ans, a le moral en berne. Seul le pub semble détenir les remèdes nécessaires à son vague à l'âme.

 

A New-York où elle s'est rendue pour un projet, Rosie a la surprise de voir débarquer sa tante, laquelle n'entend plus rentrer à Kilbride. De retour, seule dans la maison de Min, Rosie s'interroge, tourne en rond, se morfond jusqu'à la découverte d'un lieu magique et symbolique, le lieu !, celui qui pourrait bien devenir la maison de Rosie, après avoir été celle où Min et sa sœur ont grandi.

 

Avec une grande finesse, l'auteur relate les rapports entre Rosie et Min emprunts d'un respect infini, sans que tout soit dit ou ait été dit.

 

Que dire pourtant de ce manuel du savoir vivre pour les cinquantenaires aux pensées lisses et polies, de cette introspection plus réelle de Rosie sur sa vie, ses souvenirs, ses voyages, ses rencontres, ses amis fidèles qui, comme elle et à leur âge, n'ont pas uni leur destin à un autre ?

 

Rosie semble vouloir y palier en investissant cette ruine du bout de l'Irlande, en croyant pouvoir affronter la solitude, sa désespérance, toucher son fond, et quoi ? Rien, la descente et la remontée ont le même goût.

 

Malgré une écriture délicate et vive, les bons sentiments qui jalonnent le roman agacent et finissent par donner un aspect décevant à cette lecture qui aurait pu émouvoir mais dont on ne reste finalement que le spectateur lassé.


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Samedi 18 avril 2009

 


En murissant - oserais-je en vieillissant ? - Non décidément ca ne me sied guère ! En murissant donc ... on dit souvent qu'on perd son âme d'enfant, qu'on occulte sa capacité à s'émerveiller de la beauté qui nous entoure souvent, et qu'on ne voit plus, qu'on n'a que le souvenir de sa naïveté d'antan, du temps ou l'on ne se laissait pas assommer par les contingences quotidiennes et la connerie sous toute ses formes, en extension perpétuelle depuis le big bang. On dit souvent ça !
En ce qui me concerne, sans y être pour grand-chose, c'est un peu ma nature, j'ai conservé intacte cette capacité d'émerveillement, la naïveté des enfants que je restitue paraît-il, parfois, dans mon écriture. Je sais m'abandonner à la contemplation de quelque chose qui me touche, d'un éblouissement, d'un étonnement. 

Une semaine riche de ces émerveillements...
 
Le Reina Sofia est au contemporain ce que le Prado est au classique. Une petite semaine Madrilène y suffit juste pour flâner dans ces deux temples de la peinture. Il manque quelques jours pour y ajouter le Thuyssen, et visiter ainsi « la totale » de ce condensé de peinture en quelques centaines de mètres au cœur de l'étonnante Madrid. 

Le Prado est l'une des collections les plus prestigieuses du monde. On y trouve les hollandais et les flamands, mais surtout toute la peinture Espagnole du XVIIème siècle, le siècle d'or : Les Goya, Velasquez, El Greco, Zurbaran qui confirme tout le bien qu'on pensait de lui (découvert à l'expo « Picasso et les maitres » à Paris, au Grand Palais en Décembre 2008) ... et bien d'autres...

A chaque musée, un peintre ou une toile ancre le lieu inexorablement dans votre mémoire. Ce n'est aucun de ceux déjà cités qui m'a frappé ici, mais un autre peintre espagnol, du XVIIème aussi, José de Ribera, qui peint comme nul autre la vieillesse des corps, des personnages pleins d'une humanité désarmante. Des toiles d'une grande force. On peut rester des heures devant ces vieillards décharnés. On est happé et coi devant cette peinture qui pourrait vous tirer une larme si les convenances ne se rappelait pas à temps, d'une intrusion salvatrice, à votre conscience compatissante.

Florilège d'une illumination.

 

Toutes ses toiles sont empreintes de religion. Les vieillards sont souvent des apôtres ou des martyrs. Ribera interpelle aussi par sa liberté de ton, comme ici ou il représente la sainte trinité et figure dieu sous les traits d'un patriarche, ou encore cette représentation peu académique de joseph et l'enfant jésus qui porte les outils du charpentier ... et encore avec cette femme à barbe ... du barnum avant l'heure ...

 

 









 

 

 

 

 

 

 

 

 




Deux toiles de grandes tailles, Ticio et Ixion qui semblent se répondre ...

 


Archimède hilare ...

 

Une vieille femme ...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Pour en voir plus
Sur le site du Prado (puis taper Ribera)
Painting Db

 


On traverse la rue, on descend vers la gare centrale de la ville et on découvre sur la droite Le Reina Sofia, l'ancien hôpital transformé en musée par Sabatini, avec son extension moderne qui se fond merveilleusement à l'ancien bâtiment et dont on se dit qu'elle n'est pas sans rappeler ... du Nouvel ! 
Cet homme là est décidément inépuisable.

Le Reina-Sofia abrite Guernica, l'objet de la visite. 

T'as voulu voir Guernica et on a vu Guernica ...

Une rencontre avec Guernica donc.
Le voir c'est ... 
Un choc devrais-je dire.

Tout le monde connait ... l'histoire, le tableau, sa charge symbolique ...
Le voir c'est ...

D'abord les proportions de la salle : Gigantesque. Le tableau y est accroché seul sur un mur blanc. La salle est entièrement blanche.
Celle du tableau : Près de 8 mètre de largeur par quatre de hauteur.
La salle est blanche.
Le tableau quasi noir et blanc ...

... une émotion indescriptible. 

 


 

Pour ceux qui ne connaissent pas ...

Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, l'aviation allemande procède à un bombardement expérimental (avec la bénédiction de franco). Mitrailleuses, bombes explosives, 50 tonnes de bombes incendiaires. Un massacre gratuit, un holocauste ... sur des civils, des femmes, des enfants ...

L'Europe entière s'émeut.
Picasso s'émeut.

En janvier 1937, le gouvernement de la République Espagnole charge Picasso de peindre une grande fresque pour le pavillon espagnol de l'Exposition Internationale de Paris qui doit avoir lieu au printemps. Picasso se cherche pendant plusieurs mois, souhaitant réaliser une caricature du régime de Franco. Touché par le drame de Guernica il débute en mai le tableau sur ce thème.

Picasso joue de symboles pour figurer la destruction, la mort, la rage, le désespoir. 
Un petit « décryptage » de cette symbolique, tel qu'il est expliqué dans le commentaire audio du musée :

Sept personnages, cinq humains deux animaux, composent la fresque.
Sur la gauche la femme à l'enfant mort, sur la droite la femme qui meurt dans les flammes, figurent l'horreur du bombardement, les bombes incendiaires, la mort de nombreux enfants.
Toujours sur la droite deux femmes qui fuient. L'une sort par la fenêtre une bougie à la main.
Au centre un corps « explosé » : un soldat qui symbolise la guerre et la lutte.
Le taureau et le cheval transpercé d'une lance représente l'Espagne. Ce sont les deux animaux de la corrida.

Picasso dissémine quelques symboles d'espérance : La bougie que tient la femme de la fenêtre, la fleur qui semble renaitre dans la main du soldat, la colombe qui est peinte entre le taureau et le cheval.

(Interprétation détaillée)

Je suis allé au Reina-Sofia pour le voir, je n'ai pas été déçu.

Le reste du musée est intéressant. Quelques Dali dont « la femme à la fenêtre » ...
 
 
Mais aussi des découvertes ...

José de Togores
...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roberto Fernadez Balbuena …

 

 

 

 

 




Francisco Bores, Horacio ferrer, Antonio Rodriguez Luna et enfin Angeles Santos qui nous propose une toile « le monde » tout à fait fascinante, mais dont je n'ai pas trouvé de reproduction satisfaisante.

Pour en savoir plus
Le site du Reina-Sofia
Le site du Prado






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Lundi 6 avril 2009






Signalons au MAC de Lyon trois expos visibles depuis le 13 février et jusqu'au 19 avril :

 

Quintet/N'importe quoi/Marlène moquet

 

 

 

 

 

 

 

 

Quintet présente cinq auteurs dont les productions dépassent largement le strict cadre de la BD. Quelques trucs déjantés, d'autres très noirs ou très morbides, des choses intéressantes ... mais trop rares. Globalement je n'ai pas accroché sauf sur les œuvres de Stéphane Blanquet. Voir son site pour avoir une idée ... (Ici)

 


La femme à barbe - Stéphane Blanquet

 

 

 

N'importe quoi ... Dans le petit livret qui présente l'expo, on peut y lire : « Ce qui a pu faire dire que l'art moderne, puis contemporain, relevait du « n'importe quoi » était le fait qu'il faisait rentrer dans le monde de l'art de nouveaux sujets perçus par beaucoup comme triviaux, vulgaires ou banals, et s'écartant suffisamment de l'iconographie autorisée pour paraître incongrus, voire complètement loufoques. Ce sont quelques-uns de ces sujets qui sont présentés dans cette exposition, au travers d'œuvres d'artistes éminent(e)s. Car, pour paraphraser un humoriste qui pensait qu'on pouvait rire de tout, mais pas avec n'importe qui, on peut certainement faire « N'importe quoi » dans un musée, mais pas avec n'importe qui. »

 

Tout est dit. Cette expo est une curiosité, mais il faut y arriver avec le bon état d'esprit sinon on passe à coté ...

On a bien aimé, c'est drôle et évidement décalé.

 


Marlène Mocquet, commence par travailler à plat en lançant de la peinture sur sa toile blanche, des paquets de matières-couleurs, des tâches ... avant de repasser à l'horizontal et de finaliser au pinceau.

Ce n'est pas sans rappeler par certains égards l'univers de Claude Ponti et certaines toiles de Dali (les formes molles). Entre le poétique et l'étrange ...

De très bonnes choses ... mais assez inégal.


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Dimanche 5 avril 2009





« Comme neige au soleil »

William Boyd
Angleterre
Roman
Éditions Balland 1985, Points, 1995
«««««







... un roman qu'il me restait à découvrir de cet auteur dont l'impatience entre chacune de ses nouvelles parutions occupe à plein temps deux de mes neurones. Sa dernière, d'ailleurs, remonte à deux ans (« La vie aux aguets » avait allumé toutes les étoiles à ma disposition), un bout ! Mais heureusement il me restait cette cartouche.

En Afrique Orientale, plus précisément au nord de la Tanzanie qui était une colonie allemande, et sous fond de 1ère guerre mondiale, Gabriel, jeune officier aristocrate anglais à peine marié à la coquine Charis, est rapidement blessé. Soigné dans un hôpital allemand, il ménage sa planque d'autant que son instinct de conservation est bientôt supplanté par l'émotion éprouvé pour sa plantureuse et désabusée infirmière allemande Liesl. Son plus jeune frère Félix, tout d'abord réformé traine son allure de dandy désabusé à Oxford avant de trahir son frère. Rongé accessoirement par le remord et inquiet pour son honneur il décide de tenter une nouvelle fois son incorporation pour retrouver Gabriel absent depuis bientôt deux ans.

Les colons, anglais, américains et allemands, voisins dans une autre vie pas si lointaine s'affrontent alors, la guerre donnant à certains l'occasion de céder à de bien peu jolis sentiments de jalousie et d'assouvir de pas très beaux désirs de gloire et d'importance.

L'auteur n'a, une fois de plus, pas raté sa galerie de portraits où chacun s'arrange de sa destinée subie, un bagage de petits travers en bandoulière. Burlesque et dynamisme donnent un relief décalé à ce roman qui ne dément pas le talent de Boyd à nous amuser avec ce qui ne l'est pas.


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