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« Livres et nous »

La création est une respiration … 

 

C’est parce que nous nous nourrissons des respirations des autres que nous avons eu envie de restituer engouements ou écœurements, ce qu’on a vu, entendu, lu, senti, gouté,… ce qui nous a fait vibrer, ce qui nous laisse de marbre, ce qui imprime durablement le fond de notre rétine , ce qui nous transporte ou ce qui nous indispose, ce qui nous révolte, ce qui nous fait fondre … bref un peu de nous dans l’ailleurs.…

Au-delà du « Livre et Nous » fondateur, encore prépondérant, cet espace vous narre nos frémissements culturels, et vous accueillent, vous, vous qui avez une curiosité, un coup de cœur, une envie à partager ou même une aversion. Laissez vos yeux cligner, vos doigts commenter, votre avis s’exprimer. Vos signes nous sont chers et précieux, ils rémunèrent notre effort.


Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 15:09

Le prénomCe « Prénom » là est sans conteste le meilleur film vu depuis un moment. Il n’est pas sans rappeler un certain « Cuisine et Dépendances » dont il reprend les ressorts. Issu d’une pièce de théâtre, ce quasi huis clos distille des dialogues ciselés et savoureux, d’une grande finesse. Le jeu d’une péliade de très bons acteurs est jubilatoire, drôle et décapant.

 

… ‘fin bref, un « must see » sans aucun doute. Au demeurant, le film semble bénéficier d’un bon bouche à oreille qui remplit les salles.

 

Dans un autre style, le blockbuster du moment, « Avengers », qui Avengersrépond à tous les canons du genre, m’a pourtant laissé de glace. C’est gentillet, entendez que le scénario sollicite assez peu l’esprit. Le film adopte un ton résolument décalé qui hésite entre l’action et la comédie. Mélange des genres pas vraiment réussi sur le plan scénaristique, qui ne colle pas avec le « Marvel Spirit ». La 3D n’apporte absolument rien, si ce n’est la gêne occasionnée par ces « %*#@# » de lunettes. Super quand on a, soi-même, des lunettes de vue…

 

Un peu plus tôt dans la saison des pluies – dont je m’accordes à penser qu’elle fait la fortune des lumino-thérapeutes, j’espère au moins que les professionnels du cinéma, et le monde agricole, profitent à plein de la météorologie de ce printemps là, qui, en ce qui concerne le citoyen lambda, dont je suis, mine un moral déjà bien exsangue par ces temps de dettes étatiques et d’élections dont le choix se résume à la peste et au choléra - … bref ...

 

MarsupilamiUn peu plus tôt donc, j’avais visionné la dernière couillonnade - le mot est bienveillant sous ma plume - du sieur Chabat, qui s’empare de l’œuvre « Franquinesque » pour mettre en scène les gesticulations coutumières de l’incontournable Jamel, et des siennes au passage. Comme pour son « Asterix », il détourne l’esprit, même s’il respecte le personnage, pour nous faire des « nulleries » nouvelles, qui, à l’instar du « Beaujolais Nouveau » suscitent l’interrogation d’avant sortie - Banane ou fruits rouges cette fois ? – « Nulleries » nouvelles, qui pour être savoureuses et « moultement » référencées, as usual, n’en demeurent pas moins légèrement récurrentes, entendez « déjà vues ». Le « récurramment » légères marcherait aussi.

 

Le problème, je crois, c’est, qu’en ce qui me concerne, ma DLUO personnelle étant depuis longtemps dépassée («Date Limite d’Utilisation Optimale », pour les ignares, plus connue aussi sous la dénomination de « date de péremption »), ca ne me fait plus rire, à peine sourire. Il semblerait que « S., la chair de ma chair » se rapproche fatalement de la vérité … je matures tendance « vieux con ».

 

A ce stade de cette misérable chronique, je sens mon lecteur, légèrement dubitatif, qu’une pensée à peine ébauchée affleure, pensée qui pourrait être formulée ainsi « mais il aime rien ce con !».

VIEUX ... con, merci.

 

Si, lecteur ! J’aime.

 

Ce Prénom sus mentionnée par exemple. Ces pages que je scribouille depuis quelques années par ailleurs sont remplies de mes émerveillements et de mes enthousiasmes. On ne peut donc me faire ce mauvais procès. Mais, je constate que l’exigence est une fonction proportionnelle de la durée de vie et de l’expérience, et que mon coté bon public s’atténue inexorablement. L’apanage de l’âge. Mais, point de sévérité dans mes propos, juste un point de vue que j’affirme objectif depuis ma gamelle, c'est-à-dire, sans doute subjectif depuis la vôtre. Vieux débat, que je n’ouvrirai pas ici, ce n’est pas l’but !

Poursuivons et cessons de digresser …

 

Les infidèlesJ’ai vu aussi ces « Infidèles » dont l’affiche fut tant décriée sur la Canebiere crois-je me rappeler. Le marseillais se revendique du puritanisme ? c’est nouveau.

 

Passons …

 

Dujardin tout auréolé de ses performances dans « The Artist » produit ce film à sketches dont il a eu l’idée et dont il signe une partie de la réalisation et de l’écriture avec son pote Lellouche, en s’adjoignant les services de quelques autres, dont l’insupportable mais néanmoins brillant : Nicolas Bedos. Au final, un film très inégal, avec des perles et des merdes. Rien d’inoubliable, mais quelques bonnes tranches de rigolade quand le sketches ne se prend pas au sérieux et quand il exploite le levier de la dérision voir du sarcasme, et d’un ennui mortel quand il s’inscrit dans une fibre dramatique légèrement moralisatrice.

 

ChronicleJ’ai vu aussi « Chronicle ». Je vais être lapidaire … un navet divertissant, appréciez ce quasi oxymore. Un navet qui surfe sur le même thème que le légendaire « Carrie » avec l’inoubliable Sissy Spacek, le coté « Navet » (parce qu’infiniment moins bien), mais qui, bien fait, arrive nonobstant à vous faire passer deux heures qui n’empruntent pas forcément à l’ennui , le coté « divertissant ».

 

J’ai vu aussi « La vérité si je mens 3 ». Je ne suis pas super super amateur du cycle, pourtant grand fan de certains acteurs comme Garcia ou Solo. J’avais consenti au visionnage, après avoir voir vu plusieurs fois l’équipe vanter les mérites du film, au gré des « talks shows » de deuxième partie de soirée, arguant que les mécanismes du scénario et les La vérité si je mens 3fils de la comédie s’appuyaient un peu moins que dans les précédents sur l’humour façon « sentier », que je goute assez peu, mais sur une écriture construite. En bref, il ont essayé de nous faire avaler que le scénario était très écrit.

 

Pour ceux qui sont passé au travers des mailles du filet, en salle, économisez vos 19,50 € et n’achetez pas le DVD, l’équipe précédemment citée, quoique talentueuse, s’inscrit pourtant dans le mensonge. Le film est lénifiant, ne sollicitant que très légèrement le zygomatique, mais surtout, d’un ennui mortel.

 

J’ai vu aussi le deuxième volet de Sherlock Holmes (Jeu d’ombres) avec le toujours excellentissime Robert Downey Jr., et le non moins intéressant Jude Law.

 

Pas de souci, le film tient ses promesse. Très bon, peut être mêmeSherlock 2 meilleur que le premier, moins trivial, plus fouillé. Mais …

 

… parce qu’il y a un mais ? …

 

… Et oui il y a un mais, que je formulerai ainsi : La magie particulière du premier volet n’opère plus. L’effet de surprise est passé. Rien de neuf sous le soleil.

 

Pour m’être maintes fois exprimé sur le sujet, vous savez sans doute ce que je pense de ceux qui tirent la ficelle du profit. Je plébiscite la création artistique et la novation. Je m’inscris moins dans la posture mercantile de la production cinématographique. En même temps je ne suis pas assez con pour ne pas comprendre que le cinéma d’auteur se nourrit aussi des blockbusters, tout comme dans un autre domaine, il faut des Goldman pour faire émerger des Camille.

 

Cette objection, de pure forme, ne m’empêchera pas, pour faire taire ceux qui pensent que je n’aime rien, de recommander sans arrière pansée ce film, fort bien fait et fort divertissant.

 

MilleniumbisEnfin j’ai vu Millenium. Celui avec Daniel Craig. J’avais vu un autre Millenium, il n’y a pas si longtemps, avec un autre acteur. « Bon ils ont changé l’acteur » me dis-je avant d’aller savourer ce deuxième volet.

 

Que Nenni, ce n’est pas le deuxième volet, c’est un remake du premier. Ca ne sautait pas à la gueule sur les culs bus, mais en même temps, j’ai pas forcement bien creusé.

 

Autant dire que l’on s’en rend compte dans les cinq premières minutes. Et quand on a vu le précédent, quand on a lu le livre, somme toute il n’y a pas si longtemps, et donc qu’on connait chaque rouage du scénario, c’est long, très long …

 

Le film n’est pas mauvais, grand dieu non, mais bon.


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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 11:33

La menace fantome

« Mission : Impossible - Protocole fantôme »

De Brad Bird

Avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg

 

14 décembre 2011

2 h 13 min.

·····

 

Un scénario confus, un sentiment de déjà vu, peu d’intérêt pour ce quatrième opus de la série.

 

  des vents contraires

« Des vents contraires  »

De Jalil Lespert

Avec Benoît Magimel, Isabelle Carré, Antoine Duléry

 

14 décembre 2011

1 h 31 min.

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L’histoire d’une disparition et d’un homme qui a l’issu d’une année de recherche tente de se reconstruire. Un très beau film sur l’espérance et sur la lumière au bout du tunnel. Benoît Magimel y est magistral, et Ramzy Bedia, à contre emploi, étonnant.


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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 23:26

Chroniques de l'oiseau à ressort

 

 

 

 

« Chroniques de l’oiseau à ressort »

Haruki Murakami

Japon

Roman

Belfond

2004

«««««

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai relu la chronique sur Kafka (ici) et j’ai été frappé par le fait que je m’apprêtais à dire à peu près la même chose sur les « Chroniques de l’oiseau à ressort ». L’univers de Murakami, étrange et fascinant, est aussi infiniment cohérent.

 

Des romans oniriques, celui-ci ne fait pas exception, où la réalité et le rêve interagissent. Des personnages apathiques, langoureux qui sont en quête, une quête qui passe par le questionnement induit par leurs rencontres. Le foisonnement des personnages lui permet de bâtir une narration complexe, dense, fouillée et plurielle ou un écheveau de récits adjacents nourrissent le fil principal.

 

Et puis enfin, son imaginaire et sa poésie subliment le récit.

 

Ces romans sont, de fait, difficiles à résumer. Une synthèse lapidaire de ces « Chroniques … » consisterait à dire que c’est l’histoire d’un type qui cherche sa femme. C’est évidement réducteur, mais ça n’en est pas moins le fil rouge de ce roman, véritable dédale, un roman labyrinthe où le lecteur chemine avec délectation dans les nombreuses coursives narratives qui se croisent et s’entremêlent à souhait, dans la réalité comme dans le rêve.

 

Murakami, je l’ai déjà dit sur « Kafka », explore la solitude et la souffrance de ses personnages. Tous se débattent avec une douleur mais tous poursuivent leurs chemins, inéluctablement. D’apparence fragiles, les personnages de Murakami sont mus par une force invisible, quelque chose d’inexorable, tel que rien ne semble pouvoir les détourner de leur but. Une pugnacité extrême, qui s’oppose au fait qu’ils semblent ballotés par les évènements, qu’ils semblent les subir.    

 

La précision de sa narration quand il décrit les gestes de la vie quotidienne s’oppose aux lyrismes de ses visions poétiques quand les histoires coudent vers l’étrange. Dans ces chroniques ci, comme dans « Kafka » ou « La fin des temps », l’histoire s’inscrit dans une réalité décrite avec une précision chirurgicale mais s’échappe souvent vers un imaginaire chimérique.

La poésie nait de cette opposition.

 

Par exemple …

… Murakami remplit un puits asséché depuis des décennies par les larmes d’une adolescente torturé dans le rêve de son personnage. Les larmes sont dans le songe, mais le héros se réveille au fond du puits les pieds dans l’eau.

… L’oiseau à ressort est un oiseau dont le cri évoque au personnage principal un ressort que l’on remonte. Il figure ainsi le mécanisme qui fait tourner le monde.

 

Ces chroniques, m’ont envouté et passionné de bout en bout. Murakami est un magicien qui déroule son éminente prose devant le lecteur ébahit que je suis.

Définitivement, il faut lire Murakami.

 


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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 23:18

la delicatesse

 

 

 

 

   « La délicatesse »

    David Foenkinos

    France

    Roman

    Gallimard

    2011

 «««««

 

 

 

 

 

 

 

La vie de Nathalie frise la perfection. Son bonheur est parfait, sa réussite professionnelle satisfaisante. La mort accidentelle de son mari, la laisse exsangue, sans but, avec la conviction qu’aucune vie amoureuse n’est désormais possible.

 

Une rencontre improbable, incongrue, presque absurde, vient bousculer ses certitudes et la sort de sa torpeur amoureuse. La délicatesse c’est finalement l’histoire d’une surprise.

Les thèmes - perte de l’être aimé, reconstruction, reconquête de l’amour -, maintes fois traité, sont d’une banalité affligeante me direz-vous !

 

Et pourtant c’est un petit roman délicieux, qui n’est pas inoubliable, certes, mais qui est plaisant à plusieurs titre.

 

D’abord, c’est l’éloge de la délicatesse dans le sentiment amoureux, sujet délicieusement décalé, presque désuet, à l’heure de l’amour jetable et du sexe-plaisir qui norment notre époque.

Le style subtil et audacieux est plein d’humour. L’auteur, en ambages drolatiques, nous fait sourire sur un sujet apparemment grave.

 

Contrairement à ce que j’ai lu dans certaines critiques presses, l’auteur évite l’écueil du pathétique, en utilisant, c’est entendu, quelques grosses ficelles stylistique. Mais il me semble que c’est pleinement assumé pour ne pas dire parfaitement délibéré.

 

David Foenkinos a adapté son roman pour le cinéma. Le film sort prochainement avec Audrey Tautou dans le rôle de Nathalie. Je suis dubitatif quand à la démarche qui me paraît pour le moins mercantile. Le roman est plaisant par le style et l’atypisme de la narration. L’histoire dépouillée de ces attributs va sombrer dans le prosaïsme. Le bouquin a marché fort, et l’auteur espère sans doute doubler la mise dans les salles obscures. On ne peut guère lui en vouloir, les revenus de la pellicule sont sans commune mesure avec ceux de la plume. Mais bon …

 


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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 23:13

Mon pire cauchemar

 

 

 

« Mon pire cauchemar »

De Anne Fontaine

Avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussollier

 

9 novembre 2011

1 h 43 min.

·····

 

J’adore Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde me fait rire. Les bonne comédies ne sont pas légions ces dernier temps. Trois excellentes raisons de voir ce film.

 

Bâtit sur des oppositions et des clichés, eternels ressorts comiques, le scénario démarre fort mais s’essouffle assez vite. Du premier degré servit par un Poelvoorde en pleine forme, qui s’incline vers du second, dans le final, quand les scénaristes fustigent l’art conceptuel..

 

 


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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 23:36

La vérité

Un Vaudeville hilarant interprété par un Pierre Arditi au sommet de son art- les autres ne sont pas mal non plus -, qui me rabobiche avec Florian Zeller dont j’avais détesté le seul roman lu ().

 

Il signe ici, une pièce bigrement drôle et bien construite en auscultant le mensonge sous toutes les coutures. Sur le thème de l’arroseur arosé, du manipulateur manipulé, avec les ingrédients fondamentaux du vaudeville, le mari, sa femme, la maitresse et l’amant, une prestation à quatre mains, même si celles d’Arditi sont un peu plus grosses que les autres, qui nous fait rire aux éclats.

 

Je crois l’avoir déjà dit, Arditi est vraiment énorme !

 

Un très très bon moment.

 

 


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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:16

tintin

 

 

 

 

« Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne »

De Steven Spielberg

Avec  Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig, Gas Elmaleh

 

26 octobre 2011

1 h 47 min.

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Le regard de Spielberg, un américain, sur un monument de la BD franco belge, au cœur du patrimoine culturel du vieux continent, voilà une affaire qui ne pouvait manquer de m’interpeller.

 

Je suis un grand fan de certains film du grand Steven, mais je suis sorti déçu de celui-ci.

 

Le film est pourtant une prouesse technologique, on passe d’ailleurs son temps à relever l’excellence de sa réalisation. Mais, un film ce n’est pas qu’un étalage de savoir-faire. Il manque une âme à celui-ci. Même si les personnages sont respectés, l’esprit de la BD aussi, l’histoire, bricolée sur la base de deux albums qui n’ont rien à voir entre eux, que l’on connaît pourtant assez bien, ne nous emballe hélas jamais. A vrai dire je me suis ennuyé.

 

Les intouchables

 

 

 

 

« Les Intouchales »

De  

Eric Toledano, Olivier Nakache

Avec  François Cluzet, Omar Sy

 

2 novembre 2011

1 h 52 min.

·····

 

Ma petite pierre à l’édifice …

Difficile d’échapper au film, tant le battage médiatique est important, avec une presse qui, pour une fois, s’accorde en une belle unanimité, à quelques rares exceptions près, d’ailleurs confirmé par le bouche à oreille.

Bref un « must see ».

 

Et effectivement, voilà un film réussi qui n’usurpe en rien sa réputation naissante et son nombre déjà conséquent d’entrées. Le film oscille entre comédie et émotion, subtilement distillées, remarquablement servi par le duo d’acteur Omar Sy et François Cluzet.

La larme effleure parfois le coin de l’œil et dans la minute on rit aux éclats, comme rarement au cinéma.

 

Une histoire touchante et drôle, d’une grande fraicheur. Une vraie respiration dans une actualité très étouffante.

 


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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 20:53

Le sommeil

 

 

 

 

 

   « Le sommeil »

     Haruki Murakami

     Japon

     Roman

     Belfond

     2010

 «««««

 

 

 

 

 

Une petite nouvelle extraite d’un recueil plus ancien qui fait l’objet d’une réédition prestigieuse. Un format luxueux, sur papier glacé, illustré de dessins en noir et blanc contextuel au récit. Un bel objet.

 

Aux confins de l’étrange et de l’irréel, l’auteur nous propose une fable philosophique, nonobstant très ancrée dans la réalité, qui relate l’histoire d’une femme qui perd le sommeil. Elle survit sans l’once d’une heure de repos 17 jours durant, sans fatigue apparente, et c’est bien là que réside, précisément, la dimension fantastique du récit.

 

Elle s’acquitte mécaniquement de sa vie, dévouée à son entourage, mettant à profit les intervalles nocturnes pour dégager du temps pour elle-même, pour lire et pour réfléchir parachevant sa compréhension des œuvres lues. Son acuité et la conscience du monde qui l’entoure s’accroissent. elle en déduit le vide de son existence d’avant.

 

Avec un grand réalisme qui n’est pas loin du cynisme, elle précise le contour de ses proches, les analyse et les décortique sans le prisme des sentiments, les devine dans leurs évolutions vraisemblables.

Le prise de conscience est assez terrible.

 

Bien que dépourvue de sa touche surréaliste habituelle et donc de « bizarretés Murakamiennes » que l’on retrouve dans « Kafka » ou dans « La fin des temps », la nouvelle est pourtant assez représentative de l’univers de l’auteur, tout en subtilité, où la limite est floue, jamais franche, et les contraires s’entremêlent à loisir : Le rêve et la réalité, la vie et la mort, l’attirance et la répulsion, …

 

Une nouvelle empreinte de tristesse, pas déplaisante, mais pas enthousiasmante non plus. Le livre, l’objet, vaut le détour pour lui-même. Il trouvera sans mal une place dans la bibliothèque.


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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 01:28

Le mythe de cthulhu

 

 

 

 

« Le mythe de chtulhu »

Howard Phillips Lovecraft

France

Roman

Pocket

2011

«««««

 

 

 

 

 

 

J’ai longtemps écumé les rayons de science-fiction et de fantasy, moins aujourd’hui, et pourtant je n’ai jamais lu Lovecraft ! Ce n’est pas faute de l’avoir souvent aperçu, même pas du coin d’un œil pourtant toujours curieux, je ne peux guère invoquer cette excuse puisqu’une étagère complète lui est en général consacrée et qu’il est donc difficile, si ce n’est impossible, de le rater.

 

Lovecraft s’étalait sous mes yeux, mais je n’ai jamais assouvi  ma curiosité. Je ne saurai dire pourquoi. En même temps, l’offre en la matière est pléthorique, difficile de gouter à tout.

 

Sur recommandation comme souvent, voilà cette lacune comblée, puisque j’ai englouti ce recueil de nouvelles. Et je suis surpris, puisque non content de ne jamais l’avoir lu, je n’avais pas d’idées préconçues, et je ne savais pas à quoi m’attendre, ni dans quel genre le classer.

 

En fait c’est assez simple, c’est de l’épouvante, style que je ne goûte guère, ni en littérature, ni au cinéma. Je ne sais par contre si ce recueil est significatif de son œuvre. Pour m’être depuis légèrement documenté, je crois que oui. Mais enfin, je ne prétends pas avoir fait le tour de l’auteur, et mon avis est donc strictement limité au cadre de ces quelques nouvelles.

 

Coté style, je dirai que ce n’est pas très actuel, un peu désuet, légèrement précieux. Il utilise par exemple abondamment le passé simple, ce qui certes est un temps de l’écrit, mais assez peu usité de nos jours. Pour avoir lu des auteurs qui sont ses contemporains, je ne crois pas que ce soit une histoire d’époque, mais bien une marque de style.

 

Les histoires mettent en scène des monstres, des dieux maléfiques et cosmiques, des forces obscures et puissantes. Toutes les nouvelles sont construites de la même manière autour d’un narrateur / enquêteur, celui qui cherche à comprendre, à expliquer. Il se place délibérément au-dessus du lot, considérant les autres, au sens large, comme inaptes à la compréhension des phénomènes qu’il analyse et décrit. Lui seul comprend les tenants et aboutissants. C’est une constante dans chaque nouvelle.

 

Les narrateurs des histoires de Lovecraft appartiennent à une élite qui considère l’humanité en prise avec les événements qu’ils observent et décrivent, comme légèrement demeurée.

Extrait (illustrant le passé simple et le « minding » du narrateur) :

 

« Lorsque nous connûmes mieux les montagnards, nous les trouvâmes, par beaucoup de côtés, étrangement sympathiques. Ils étaient simples comme des bêtes, retournant d’ailleurs doucement à l’état animal, en raison de leur malheureuse hérédité et de leur isolement abêtissant »

 

Les histoires sont très inégales, certaines sont très bien, d’autres moins. Toutes traitent d’horreur ou d’épouvante, de phénomènes, de monstres, de créatures, de cailloux venus de l’espace, en bref de « choses » qui sont hautement nuisibles et fatales pour l’humain. C’est toujours assez étrange et lugubre. J’ai particulièrement détestée la première, celle qui donne son titre à l’ouvrage.

 

Au final, ce n’est clairement pas ma tasse de thé. Ce n’est pas un jugement de valeur. Tout comme le roman policier, le genre ne me plait pas. Je manque aussi de points de repères et de comparaisons pour situer Lovecraft dans le panthéon de la littérature d’épouvante.  

 


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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 02:16

La fille de papier

 

 

 

 

« La fille de papier »

Guillaume Musso

France

Roman

Pocket

2011

«««««

 

 

 

 

 

 

 

Musso, comme son camarade Levy, ont parfois été vilipendé dans ces colonnes sous couvert qu’ils produisent une littérature de gare, ou de plage c’est selon, que je goutte assez peu, sous le prétexte, dont d’aucun diront qu’il est fallacieux, que cette production n’apporte rien d’autre qu’une distraction passagère, que le temps qui passe, inexorablement, efface de nos esprits.

 

J’ai même dit, ou écrit plus précisément, que les deux auteurs sus cités écrivaient comme des manches et que leurs ouvrages n’étaient même pas exempts de fautes d’orthographe.

Notez que je ne manque pas d’air, quand, à la relecture de certaines de mes chroniques, je dénombre, atterré, un nombre incommensurable de fautes, qu’une relecture pourtant méthodique, ne suffit à éliminer. Shame on me.

Mais j’ai des excuses. D’abord je ne suis pas écrivain, et je n’ai, bien entendu, pas plus de comité de lecture (et de correction) que de trombones à coulisse.

 

Je suis souvent pétri de certitudes, et celle-ci étaient solidement ancrées en moi, légitimée par la lecture de deux ou trois de leurs ouvrages respectifs, ne manquant jamais d’affirmer haut et fort que, décidément, la « littérature populaire » ça n’était pas ma tasse de thé, à chaque fois qu’un quidam lambda m’interpellait sur le sujet. Rien de snob dans cette position, juste l’expression un peu brutale de mes gouts littéraires.

 

L’âge aidant, je m’arrondis, les jugements à l’emporte-pièce me paraissent désormais un poil excessifs, les certitudes d’antan s’effilochent, laissant place à plus de modération. Et sur ce thème, justement, je me disais qu’à l’instar du cinéma de divertissement, pourquoi n’y aurait-il pas une place pour ce genre de littérature, dont le seul objectif serait précisément de distraire, de divertir, de susciter, ne fusse qu’une paire d’heures, l’oubli de nos turpitudes quotidiennes ?

 

Entendons-nous. Cette place sur le marché du livre existe indéniablement pour une grande majorité de nos contemporains, les Musso et autres Levy sont en effet des auteurs à gros tirages, dont les ouvrages ornent à grande échelle les serviettes de bains et autres transats des plages de tous les fronts maritimes et touristiques.

Non.

La question, je me la pose à moi-même. N’y aurait-il pas une place, dans mes lectures ?

 

J’ai lu ce livre sur recommandation, sur insistance devrais-je dire. J’ai, pour ce faire, interrompu « Le prince » de Machiavel, dont, je dois bien convenir que la lecture est moins aisée. Enfin bref … Avec cette fille de papier, l’analogie avec le cinéma de divertissement m’a sauté à la figure, si je puis m’exprimer ainsi, dans la première moitié du livre.

 

Sur le fond rien a changé : Le style n’est pas inoubliable, mais il ne faut rien exagérer, ça se lit tout de même très bien. La première moitié du livre est proprement palpitante. Impossible de lâcher le bouquin sans savoir … Le genre de truc qui fait des petites nuits.

 

Et puis, et puis c’est comme d’hab, Musso ne résiste pas à rallonger la sauce. L’ouvrage doit sans doute être calibré en nombre de pages, exigence de l’éditeur ? Je ne sais, si ce n’est qu’il lasse gravement son lecteur sur la deuxième moitié, s’oubliant en ambages inutiles et en personnages secondaires pléthoriques. C’est un peu chiant et infiniment long. On s’ennuie un peu.

 

Je qualifierai cette seconde partie d’homéopathique, non pas en référence à une quelconque qualité curative, mais plutôt pour illustrer le taux de dilution abyssal de la narration principale dans une kyrielle de circonvolutions annexes autant qu’inutiles. La vacuité de cette partie est sidérale.

 

Un happy end à l’américaine pour couronner le tout.

 

Alors synthétisons le propos. Je me fais le chantre de la littérature populaire dans la première partie de ces lignes - enfin le chantre, disons que je m’interroge avec bienveillance -  puis, sans prévenir, je descends en flamme la fin du livre objet de cette chronique et au passage, à l’origine de ma réflexion. Mais où diable veux-je donc en venir, bon sang de bois ?

 

Lecteur, je te sens désorienté. Permet cet éclaircissement : Le livre est plaisant, s’appuyant essentiellement sur une histoire bien construite, qui happe à souhait, principalement dans la première partie. Je déplore les longueurs voulues ou non, de l’autre partie, il y a au moins 100 pages inutiles qui agacent le lecteur, enfin, qui m’ont agacé. Pas de fond dans le texte, seulement l’histoire, mais si on en accepte l’augure, cela cesse d’être un problème. Ca fait effectivement passer un moment, et ce n’est pas forcement déplaisant. J’aurai sans doute oublié à Noël de quoi il était question, mais ce n’est pas si important, et je lirai le prochain Houellebecq pour compenser.

 

C’est plus clair là ?

 

Une ultime nuance toutefois. Dans le genre, le duo Paul-loup Sulitzer/Loup Durand ou même un Bernard Lenteric dont je lisais les sagas, il y a 30 ans, étaient à mon sens bien meilleurs, sauf à les avoir sublimés. Mais je conserve un souvenir ému du Roi vert, d’Hannah et de l’impératrice, des enfants de Salonique … et de quelques autres. J’ai d’ailleurs découvert récemment que les vieux Sulitzer étaient introuvables en librairie, ils ne sont plus édités !

 


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